La Maison-Blanche et l’Elysée renforcent leurs liens

Le président américain George  W. Bush et son homologue français Nicolas Sarkozy se sont rencontrés samedi  pour un déjeuner informel à la résidence familiale des Bush à Keennebunkport, dans le Maine (nord-est). Selon la porte- parole adjointe de la Maison-Blanche, la «proximité géographique» dans la mesure où le chef d’Etat français est en villégiature aux Etats-Unis a favorisé l’organisation de ce déjeuner .Il s’agit de la première rencontre aux Etats-Unis entre les deux chefs d’Etat depuis que M. Sarkozy a pris ses fonctions. Cette rencontre est destinée à raffermir les relations franco-américaines, surtout depuis le différend sur la guerre en Irak qui a été la cause de graves tensions entre les deux pays. Washington qui entretenait  des relations sans chaleur avec l’Elysée du temps de Jacques Chirac, souhaite une «nouvelle ère «dans leur relation avec la France à la faveur du quinquennat de M.Sarkozy.
A son arrivée à la résidence des Bush, le président français a affirmé «cela ne fait que pratiquement 250 ans que  la France et les Etats-Unis sont des alliés et des amis». Pour sa part, M. Bush a souligné «Nous avons de bonnes relations avec la France. Evidemment nous avons eu des désaccords. Mais ce n’est pas parce que vous avez des désaccords sur des sujets particuliers que vous (n’avez) pas de bonnes relations». Et d’ajouter : «Nous avons eu des désaccords, sur l’Irak en particulier, mais je n’ai jamais permis que des désaccords nous empêchent de trouver d’autres moyens de travailler ensemble».
La proximité affichée entre les deux chefs d’Etat a été jugée suspecte par l’opposition en France. Le socialiste français Pierre Moscovici n’a pas hésité à dénoncer cette rencontre qui, selon lui, est une lourde erreur.
«Nous avons avec les Etats-Unis une relation d’alliance, d’amitié. Tout anti-américanisme est stupide, mais tout suivisme l’est autant», a-t-il affirmé. Et d’ajouter : «c’est un président qui a commis énormément d’erreurs et ce serait une lourde faute que d’afficher à son égard une amitié ostensible, une complaisance marquée. Nicolas Sarkozy doit lui adresser des messages de très grande fermeté».
Pour sa part, l’ancien Premier ministre Jean Pierre Raffarin a souligné que le président français n’avait «jamais caché son intérêt pour les Etats-Unis». «L’affectif participe toujours au choix d’une terre de vacances», a-t-il aussi commenté, déclarant que Nicolas Sarkozy «imposait un style nouveau». Cependant, M. Raffarin  a tenu à préciser que le «message de la France est différent de celui des Etats-Unis et doit porter l’exigence «d’un monde multipolaire». «Si le dialogue avec les grandes puissances passe évidemment par les Etats-Unis, il doit aussi se faire avec le reste du monde, notamment avec le Sud. Nous avons des valeurs communes avec les Américains, mais soyons vigilants, notre message au monde est différent: la globalisation à l’américaine suppose un système unique, la mondialisation à l’européenne suppose un système multipolaire. Le monde doit entendre la voix française en Asie, dans le monde arabe et ailleurs», a déclaré M. Raffarin.

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