L’Afrique au chevet de la Côte d’Ivoire

« J’appelle les parties ivoiriennes ici présentes à profiter pleinement de cette opportunité. Je compte sur vous pour mettre de côté les intérêts partisans et personnels, pour travailler ensemble dans un esprit d’engagement et de compromis, » a déclaré M. Annan à l’ouverture du sommet, jeudi à la mi-journée, dans un grand hôtel d’Accra.
« J’exhorte les parties ivoiriennes à mettre fin à toutes les violations des droits de l’Homme et au climat d’impunité qui prévaut dans l’ensemble du pays », a-t-il ajouté.
Les présidents Mathieu Kérékou (Bénin), Blaise Compaoré (Bukina Faso), Omar Bongo (Gabon), Amadou Toumani Touré (Mali), Mamadou Tandja (Niger), Olusegun Obasanjo (Nigeria), Thabo Mbeki (Afrique du Sud) et Gnassingbé Eyadéma (Togo) ont rejoint le chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, au sommet, co-présidé par M. Annan et l’hôte du sommet, le président ghanéen, John Kufuor. Les principaux acteurs de la crise ivoirienne, dont l’ancien président Henri Konan Bédié, l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara et le dirigeant des Forces nouvelles (ex-rebelles) Guillaume Soro, sont également à Accra, ne même que plusieurs représentants d’autres partis politiques ivoiriens. Le président congolais, Denis Sassou Nguesso, le président de la Commission de l’Union africaine, Alpha Oumar Konaré, ainsi que le Premier ministre angolais, Fernando Dias dos Santos, étaient également attendus dans la journée. Ce sommet, dont le principe avait été décidé début juillet à Addis Abeba en marge du troisième sommet de l’Union africaine (UA), visera à redonner vie aux accords de Marcoussis signés fin janvier 2003 en région parisienne par tous les partis politiques ivoiriens et trois mouvements rebelles qui, depuis septembre 2002, contrôlent la moitié nord du pays. L’application de ces accords était censée mettre un terme à la crise qui déchire le pays. Leur réactivation permettrait de lancer enfin le processus de Désarmement, Démobilisation et réinsertion (DDR).
« Nous sommes, ici, véritablement déterminés à rétablir le gouvernement de réconciliation nationale, appliquer l’accord (de Marcoussis), voter les lois nécessaires et entamer le processus de désarmement », a annoncé jeudi Mohamed Ibn Chambas, secrétaire exécutif de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao).
Plusieurs diplomates ouest-africains ont indiqué, jeudi, à l’AFP que dans l’hypohèse où M. Gbagbo se refuserait à faire toute concession, ils demanderaient aux Nations unies d’exercer des sanctions ciblées contre son régime. La France, qui dispose en Côte d’Ivoire de 4.000 soldats dans le cadre de l’opération militaire « Licorne » ne participe pas au sommet. « On n’y sera pas parce que cette rencontre est un exercice inter-africain qui fait suite au sommet de l’Union africaine dont la France ne fait pas partie », a indiqué, la semaine passée à Abidjan, le conseiller Afrique du président Jacques Chirac, M. de Bonnecorse, à la presse après près de deux heures de tête-à-tête avec le président ivoirien, Laurent Gbagbo.
Un diplomate a toutefois indiqué, sous couvert d’anonymat, que M. Bongo serait la voix de la France et de l’Union européenne au sommet. Ce sera « la bouche de Bongo et les mots de Jacques Chirac », a-t-il assuré. Selon la présidence ghanéenne, les dirigeants présents au sommet doivent également rencontrer le président du Conseil national de Transition du Liberia, Gyude Bryant.
Ravagé par 14 années d’une guerre civile quasi-ininterrompue, le Liberia a renoué avec la paix en août 2003, avec la signature d’un accord par les différentes factions en guerre et le départ en exil au Nigeria de l’ex-président, Charles Taylor. En revanche, la présidence ghanéenne a confirmé, mercredi soir, qu’il n’était pas prévu que la crise humanitaire au Darfour (ouest du Soudan) figure au programme des discussions.

• Lauren Gelfand (AFP)

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