L’autonomie, un prélude au Maghreb des régions

L’autonomie, un prélude au Maghreb des régions

«L’intérêt accordé par la communauté internationale au projet d’autonomie pour le Sahara (…) a sa raison d’être dans l’échec du droit à l’autodétermination-indépendance à régler une question qui relève normalement du contentieux territorial traditionnel». Ce constat est fait par Abdelhamid El Ouali dans son dernier livre intitulé : «Autonomie au Sahara, prélude au Maghreb des régions» où il démontre que l’autonomie demeure l’unique solution réaliste au conflit du Sahara et à la base de départ de la construction d’une entité maghrébine.
Professeur à la Faculté de droit de Casablanca dont il était le chef du département des sciences politiques, M. El Ouali passe en revue l’évolution de l’affaire du Sahara depuis le début du conflit analysant minutieusement les différentes étapes et les multiples manipulations externes dont a fait l’objet ce dossier durant plus de trente ans. Le problème de ce dossier, c’est qu’il a été dénaturé, dès le début puisqu’il a été assimilé à une affaire de décolonisation. «L’erreur des Nations unies a été d’avoir à l’origine assimilé la question du Sahara à un problème de décolonisation traditionnelle où l’autodétermination-indépendance, encadrée par le principe politique de l’intangibilité des frontières, devait mener à l’indépendance automatique alors que le territoire était revendiqué par un pays, le Maroc, sur la base de titres juridiques…», indique M. El Ouali.  Pour ce chercheur, si plusieurs pays commencent à adhérer au plan d’autonomie proposé par le Maroc, c’est que la communauté internationale est de plus en plus consciente de l’erreur d’appréciation qui a été commise à l’origine du conflit. M.El Ouali estime que l’une des raisons qui ont conduit au soutien de plusieurs pays à la proposition marocaine est «le fait que l’organisation d’un référendum d’autodétermination est devenue matériellement impossible en raison de l’impasse à laquelle est parvenu le processus d’identification du corps électoral ». Mais, la principale raison demeure, à son avis, « le caractère très avancé en termes de démocratie territoriale du type d’autonomie que vient de suggérer le Maroc et qui paraît, à l’analyse, comme une synthèse des expériences les plus réussies en matière d’autonomie territoriale comme celle de la Catalogne…», estime l’auteur du livre.
La sortie du livre de Abdelhamid El Ouali coïncide avec la présentation par l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Peter van Walsum, de son rapport devant le Conseil de sécurité, qui a mis en exergue l’irréalisme de l’autodétermination et la viabilité du projet d’autonomie. Un constat diplomatiquement prouvé qui rejoint celui fait, sur la base d’une étude scientifique, par M. El Ouali.

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