Le baron de la drogue El Nene arrêté à Sebta après cinq mois de cavale

Fin de cavale pour Mohamed Ouazani, alias «El Nene». Ce baron de la drogue, qui s’était échappé de la prison de Kénitra en décembre dernier, est tombé mercredi soir dans les filets de la police espagnole, alors qu’il roulait dans le centre-ville de Sebta à bord d’une voiture empruntée à son frère. Cette opération est intervenue suite à un avis de recherche lancé par l’organisation internationale de la police (Interpol), alertée après des informations faisant état d’une éventuelle fuite d’El Nene à l’étranger. Une éventualité qui vient de se confirmer avec l’arrestation du baron de la drogue, qui purgeait au pénitencier de Kénitra une peine de huit ans de prison pour trafic international de stupéfiants.
El Nene est considéré comme l’un des plus gros trafiquants de haschisch, a indiqué la police espagnole dans un communiqué. Sa fortune est estimée à au moins 30 millions d’euros, selon le même communiqué.
Une source sécuritaire marocaine a précisé  que l’arrestation de Mohamed Taïeb Ahmed Ouazzani a eu lieu mercredi soir à Sebta «à la demande pressante des autorités marocaines, via Interpol».
Cette arrestation a pu avoir lieu grâce à «l’excellente coopération entre les services marocains et espagnols », s’est félicitée une source à Rabat.  «Le Maroc s’est déjà adressé à l’Espagne pour obtenir son extradition. Cette arrestation confirme l’excellente coopération maroco-espagnole en matière de lutte contre la délinquance, le crime organisé et le terrorisme», a ajouté la même source, dans une déclaration à l’agence AFP. Né dans un quartier déshérité de Sebta le 27 août 1975, El Nene a rejoint très tôt le milieu glauque du trafic de drogue. Arrêté en août 2003, il avait été condamné à huit ans de prison en mai 2004 pour trafic de drogue. Il est considéré comme un vrai baron de la drogue aussi bien au Maroc qu’en Espagne, où il compte un impressionnant réseau de complicités. El Nene s’était évadé de la prison de Kénitra le 20 décembre 2007 grâce à la complicité de huit gardiens du même pénitencier, condamnés par la suite à des peines de deux à quatre ans de prison.
Le baron avait réussi à s’attacher les services des gardiens de prison, au point d’avoir obtenu quartier libre. Il a utilisé ses complicités pour obtenir des traitements de faveur, que ses colocataires n’ont pas hésité à relever et dénoncer.   
El Nene disposait de trois chambres superbement décorées et équipées de télévision à écran plasma, d’Internet, de climatisation… Et ce n’est pas tout … Il  sortait régulièrement de sa prison pour fréquenter les restaurants et bars des environs.
Le 7 avril 2008, neuf terroristes, dont un condamné à mort (Abdelhadi Eddehbi), ont emboîté le pas à El Nene pour s’échapper à leur tour du même pénitencier de Kénitra, en creusant un tunnel.

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