Le champion de la marche arrière

Le pouvoir algérien n’arrête pas de surprendre le monde entier par sa capacité à aller dans le sens contraire du développement. Il est le champion de la marche arrière.
La dernière «innovation» en la matière est l’interdiction par la loi de Finances complémentaire de l’année en cours de tous les crédits à la consommation. Depuis le début du mois d’août dernier, les banques algériennes ont été interdites d’accorder des crédits destinés à la consommation.
Selon cette loi, les institutions financières, qu’elles soient publiques ou privées, n’ont plus le droit d’accorder qu’une seule sorte de prêt bancaire : le crédit immobilier. Une décision qui a choqué les professionnels des finances dans ce pays. Outre ces derniers, la décision a pris de court aussi les concessionnaires automobiles qui se sont vus du jour au lendemain condamnés à une baisse vertigineuse de leurs ventes de voitures neuves étant donné que le crédit automobile fait partie des produits bancaires désormais interdits par la loi algérienne. Comment peut-on décider du jour au lendemain de mettre fin à une activité qui créait de la croissance en favorisant la consommation ? Le gouvernement algérien a justifié sa décision en expliquant qu’elle a pour objectif de stimuler le crédit immobilier. «Le marché automobile, qui est sans valeur ajoutée, va s’éclipser pour laisser la place à celui de l’immobilier. Il ne faut pas oublier que le logement est le problème numéro un en Algérie», explique une source officielle citée par un journal algérien. Un raisonnement économique primitif, affirme un expert financier marocain dont l’avis a été sollicité par ALM. Il ajoute que cette restriction est contreproductive puisqu’elle crée d’abord un sentiment de frustration générale qui aura un impact négatif sur la volonté de consommation de la part des ménages. En plus, le crédit à la consommation est un simulateur du crédit immobilier car le développement de l’immobilier devrait inciter au développement d’autres secteurs parallèles dont l’électroménager, par exemple. Or, encourager l’un et freiner l’autre est une action étrange voire insolite, selon notre expert. Devant cette lecture, on ne peut que s’interroger sur les vraies raisons qui auraient poussé les Algériens à prendre cette décision pour le moins bizarre.

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