Le dossier du FIS dissous est clos

La réhabilitation du FIS, qui a été dissous par voie judiciaire au printemps 1992, au lendemain de l’interruption du processus électoral, était notamment revendiquée par le parti des travailleurs (trotskyste) et la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH), qui considéraient que le retour de la paix en Algérie était lié à la réhabilitation de ce parti islamiste, qui avait remporté les élections législatives annulées de décembre 1991.
Le chef du gouvernement, qui s’exprimait devant la Chambre basse du Parlement algérien, à l’issue des débats sur le programme du gouvernement, a laissé toutefois entendre que les militants du FIS dissous, sans les désigner, qui jouissaient de leurs droits civiques, pouvaient s’intégrer à d’autres partis.
La réconciliation nationale, telle que préconisée par le chef du gouvernement algérien, a un contenu économique et social et devrait notamment tendre à atténuer les disparités sociales et régionales et à consolider la justice et le développement socio économique, à travers la lutte contre le chômage et le renforcement de la sécurité.
Le chef du gouvernement algérien, dont le programme avait été voté à une écrasante majorité, après le ralliement à l’alliance gouvernementale des députés FLN (Front de libération nationale), version Ali Benflis, a, par ailleurs, démenti les informations, selon lesquelles le gouvernement s’apprêterait à désarmer les “patriotes”, citoyens à qui les autorités algériennes avaient fourni les armes pour pouvoir assurer leur propre défense et celle des quartiers et villages de leur résidence.
Les autorités algériennes avaient distribué quelque 80.000 armes, selon la presse algérienne. Ahmed Ouyahia s’est par ailleurs opposé à la levée de l’état d’urgence, instauré dans le pays, depuis le début de la décennie 90, en soulignant que si le terrorisme avait beaucoup reculé, la sécurité n’était pas encore totalement rétablie, y compris dans la grande banlieue de la capitale algérienne.
Ahmed Ouyahia a toutefois estimé que l’état d’urgence n’entravait pas l’exercice des libertés politiques, en donnant pour preuve la dernière campagne électorale pour les présidentielles et les centaines de meetings organisés par les divers candidats.
Le chef du gouvernement algérien a plaidé pour la réforme de la justice, l’amendement du code de la famille, la réforme des structures de l’Etat et du système éducatif, en soulignant qu’il ne sera pas question de la privatisation de la Sonatrach (société nationale des hydrocarbures), qui représente quelque 37 pc de l’économie nationale.
Il s’est, par contre, prononcé en faveur de la participation du secteur privé algérien ou étranger à certaines tâches et missions de service public, comme la distribution de l’eau potable dans les villes, la gestion des aéroports et du métro d’Alger, qui sera normalement mis en service en 2006.

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