Le hadj sous haute surveillance

Des policiers « qui avaient été entraînés et déployés lors de précédents pèlerinages, outre ceux qui ont été formés cette année, seront à pied d’oeuvre », a déclaré le ministre de l’Intérieur, le prince Nayef Ben Abdel Aziz, lors d’une ultime visite d’inspection samedi à La Mecque, où quelque deux millions de pèlerins, dont 1,5 million venus de l’étranger, étaient rassemblés lundi.
Pour illustrer ce déploiement, les quotidiens locaux ont publié dimanche des photos de membres des forces de sécurité à l’oeuvre, de véhicules blindés, d’hélicoptères, de camions de sapeurs-pompiers et d’ambulances. Ce pèlerinage, qui débute, ce mardi, se déroule dans un contexte tendu, dans la mesure où l’Arabie saoudite fait face à une vague d’attentats perpétrés par des extrémistes islamistes liés au réseau terroriste Al-Qaïda d’Oussama Ben Laden. Ces attaques ont fait plus de 100 morts depuis mai 2003 dans le royaume. Durant sa visite, le prince Nayef a souligné que les forces de sécurité étaient toujours en état d’alerte pour combattre les terroristes à travers le royaume, ajoutant que « les faits parlent d’eux-mêmes ».
Il se référait aux récents résultats obtenus par les forces de sécurité dans leur traque des militants islamistes. Quatre extrémistes ont ainsi été abattus le 9 janvier dans une fusillade contre les forces de sécurité dans une zone désertique au nord-ouest de Riyad, alors que dix autres, dont deux des hommes les plus recherchés du royaume, avaient été tués fin décembre lors de deux accrochages à Riyad. Ces deux affrontements s’étaient produits juste avant et après deux attaques à la voiture piégée contre des institutions de la sécurité saoudienne dans la capitale, dont le bâtiment du ministère de l’Intérieur. « Si quelque chose se produit, ou s’il y a une quelconque intention (de lancer des attaques terroristes), cela sera combattu avec fermeté et avec toute notre force », a averti le prince Nayef.
Un porte-parole du ministère de l’Intérieur a indiqué à l’AFP que les autorités avaient déployé plus de 50.000 hommes pour parer à toute éventualité. « Plus de 50.000 policiers participent à (la mise en application) du plan de sécurité pour le hadj », a déclaré le général Mansour al-Turki, ajoutant toutefois que 70 à 80% de leurs tâches « concernent essentiellement le contrôle de la circulation et la sécurité des pèlerins ». Plus de 10.000 officiers « s’occuperont de tout ce qui touche à la sécurité », a-t-il ajouté dans une allusion à d’éventuels attentats. « Nous avons déjà été confrontés à des attaques terroristes dans la ville sainte de La Mecque » en dehors de la saison du pèlerinage, a ajouté le général. « Nous augmentons seulement le nombre de policiers durant la saison du hadj pour faire face à l’augmentation du nombre des pèlerins », assure-t-il. L’année dernière, le royaume, qui abrite les principaux lieux de l’Islam, La Mecque et Médine (ouest), a accueilli pour le pèlerinage quelque 1,8 million de fidèles dont 473.000 pèlerins venant de l’intérieur du pays.
Le nombre de pèlerins venus de l’étranger approche cette année 1,5 million, selon des chiffres officiels. Ce rassemblement annuel est souvent marqué par des incidents meurtriers en raison des encombrements et des bousculades. Le hadj est l’un des cinq piliers de l’Islam et tout musulman qui en a les moyens physique et matériel est tenu de le faire au moins une fois dans sa vie.

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