Le Hezbollah s’engage à punir Israël

Le secrétaire général du Hezbollah, cheikh Hassan Nasrallah, a promis de « trancher la main d’Israël », qu’il a accusé d’être à l’origine de l’assassinat de Ghaleb Awali, « un martyr de la Palestine, car il faisait partie d’une équipe d’hommes qui ont consacré leur vie, ces dernières années, à soutenir leurs frères en Palestine occupée ».
L’attentat a été perpétré « soit par des Israéliens infiltrés au Liban avec des passeports européens, américains ou autres, soit par des agents stipendiés libanais », a-t-il ajouté lors des funérailles dans une mosquée de la banlieue sud chiite de Beyrouth.
« Nous ne voulons pas dissimuler la vérité. Nous le déclarons haut et fort et nous en sommes fiers: Ghaleb Awali est un martyr sur la voie de la Palestine », a insisté le chef du Hezbollah, visiblement ému.
Un attentat similaire avait, il y a un an, visé dans ce même secteur Ali Saleh, un autre cadre dirigeant de la Résistance islamique, la branche militaire du Hezbollah, dont les attaques ont été à l’origine du retrait israélien en mai 2000 du Liban sud après 22 ans d’occupation.
Un haut responsable des services de sécurité libanais a également pointé un doigt accusateur sur les « réseaux liés à Israël », pratiquement toujours en guerre avec le Liban.
Un communiqué, attribué à un groupuscule fondamentaliste sunnite, Jound al-Cham (soldats de Damas), avait auparavant revendiqué l’attentat, affirmant avoir « exécuté l’un des symboles de la traîtrise » dans le but d' »éradiquer l’hérésie chiite ».
Abou Youssef al-Charquié, chef de ce groupuscule qui avait annoncé sa création il y a quelques semaines dans le camp de réfugiés palestiniens d’Aïn Héloué, près de Saïda (sud), a démenti dans un entretien téléphonique avec l’AFP toute implication dans l’attentat.
Il a estimé que le communiqué avait été « forgé de toutes pièces pour nuire » à son organisation et jugé que le Mossad israélien en était « le principal bénéficiaire ».
Le groupuscule a par la suite distribué un communiqué à Saïda, dans lequel il affirme avoir contacté les dirigeants du Hezbollah pour condamner le crime.
Sultan Aboul Aynaïn, chef au Liban du Fatah, principale organisation palestinienne, a lui aussi écarté, dans une déclaration à l’AFP, l’hypothèse de l’implication de Jound al-Cham, jugeant que l’attentat « porte l’empreinte d’Israël ». L’explosion s’est produite au moment où Awali quittait son domicile situé sur une artère principale de la banlieue sud de Beyrouth, un fief du Hezbollah.
Peu après, un porte-parole du Hezbollah, cheikh Hassan Ezzeddine, avait imputé l’attentat à Israël et ignoré le communiqué de Jound al-Cham.
« Tout indique que l’assassinat de l’un des cadres de la Résistance islamique est une opération menée par l’ennemi sioniste dans le but d’attiser la discorde et les divisions entre les Libanais », a-t-il déclaré à l’AFP.
« Il s’agit d’un crime perpétré par le réseau des services de renseignement israéliens et l’ennemi doit assumer l’entière responsabilité de ses actes », a-t-il mis en garde.
« Le sang de notre cher martyr sera vengé (…) et les sionistes comprendront qu’ils ont commis une stupidité et la regretteront », a-t-il ajouté.
Après le retrait de son armée du Liban sud, Israël a accusé à plusieurs reprises le Hezbollah de mener des opérations contre ses troupes dans les territoires palestiniens.

• Nayla Razzouk (AFP)

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