Le Maroc privatise ses animaux

Le projet d’une gestion déléguée des zoos au Maroc est jeté aux oubliettes. Assainissement, eau potable, électricité…Les animaux ont échappé à cette forme d’administration. Après cinq années de vaines tractations, le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la désertification vient d’opter pour une nouvelle formule. «Nous sommes en train de finaliser un projet de gestion où les zoos seront sous la forme juridique d’une société anonyme avec l’Etat marocain comme actionnaire majoritaire. Les collectivités locales, les institutions publiques se joindront aussi à ce projet», affirme Idriss Oukassou, directeur du parc zoologique national.   
Et d’ajouter : «Nous avons fini par abandonner l’idée d’une gestion déléguée parce que le cahier des charges de la société hollandaise qui a remporté l’appel d’offres n’obéissait guère à nos exigences. S’occuper des animaux n’est pas une sinécure, puisqu’il ne s’agit pas uniquement de les exposer aux visiteurs ! ».  Au Maroc, il y a seulement deux zoos publics, un à Aïn Sebaâ et l’autre à Témara.
Le premier est géré par la mairie de Casablanca, alors que le deuxième est sous la tutelle du Haut Commissariat aux Eaux et Forêts.  D’une superficie de deux hectares, le zoo d’Aïn Sebaâ abrite près de 200 animaux. Dans un état déplorable, ce parc offre un spectacle désolant aux visiteurs qui y viennent découvrir non pas des espèces vivantes, mais des bêtes agonisantes.
À Témara, par contre, le nombre d’animaux avoisine les 2.000, avec 50 % des espèces d’origine marocaine. Mais le décor n’est pas si reluisant. Les responsables du zoo de Temara avouent eux-mêmes que l’handicap majeur de ce parc réside dans son enveloppe budgétaire. «Nous disposons d’un budget annuel de cinq millions de dirhams, c’est insuffisant pour gérer un parc comme celui-ci. Les recettes des rentrées représentent dans cette somme quatre millions de dirhams, tandis que la subvention du Haut Commissariat aux Eaux et Forêts est d’un million de dirhams», note Idriss Oukassou.
Sur la même longueur d’ondes, Hammou Jader, le secrétaire général du Haut Commissariat aux Eaux et Forêts, souligne le poids des contraintes liées à la gestion publique. 
«Nous entamons actuellement une réflexion avec le ministère des Finances pour trouver une forme de gestion plus souple. Comme toutes les autres dépenses publiques, le budget accordé aux zoos est soumis à des contrôles financiers. Les contraintes de la gestion administrative ne facilitent guère la tâche», a t-il indiqué. L’urgence d’un changement sur le plan de la gestion s’explique également par l’augmentation du nombre des espèces en voie de disparition. Le lion de l’Atlas figure parmi les animaux les plus menacés. Seuls 22 lions rugissent actuellement au Maroc. Et c’est dans ce sens qu’une délégation de la société britannique «Zoological Society of London» effectue une visite au parc de Témara. Objectif: conclure un accord de partenariat avec le Haut Commissariat. Une manière d’insuffler la vie dans un lieu devenu aujourd’hui un mouroir pour animaux.

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