«Le Monde», une haine de proximité

ALM : Que pensez-vous du projet du quotidien français Le Monde d’ouvrir une régie publicitaire locale et de se faire imprimer au Maroc ?
Robert Assaraf : Il est assez étonnant que le «Monde» qui a développé sa technique de «haine» contre le Maroc, son Roi et sa monarchie, veuille s’implanter localement. «La haine» est le titre de deux chapitres du livre de Pierre Péan et Philippe Cohen «La face cachée du Monde». Le Monde ne s’en est pas seulement pris contre les pouvoirs et des personnalités françaises. Il a attaqué également le Maroc depuis de nombreuses années : en particulier avec le livre de Gilles Perrault «Mon ami le Roi», initié et fourni en matières par Edwy Plenel, un trotskiste naturellement «haineux» contre le Roi Hassan II.
D’autres journaux étrangers, comme Le Figaro, impriment chez nous des éditions locales. Pourquoi pas Le Monde ?
«Le Figaro» imprime son édition de Casablanca, toutes les nuits, depuis de nombreuses années. Il s’est allié, il y a deux ou trois ans à un quotidien marocain, sous les auspices d’un spécialiste officiel de la communication. Il y a quelques mois, la décision du «Monde» d’imprimer également une édition marocaine représentant une couverture, et ce pour obtenir une publicité sur le marché local, trouble le monde des journaux de Casablanca ou de Rabat. Les quotidiens d’abord, mais aussi plusieurs hebdomadaires,- en dehors des «alliés» du Monde – sont donc inquiets de perdre les reliquats d’un marché de publicité en déconfiture.
Vous semblez convaincu que ce journal a une «haine» particulière contre le Maroc ? Sur quoi vous basez-vous ?
Depuis maintenant quelques années par l’intermédiaire du correspondant du «Monde», trotskiste militant au service d’Edwy Plenel, une autre attitude haineuse a été développée contre le Maroc en utilisant les positions de Prince Moulay Hicham en conflit avec son oncle Hassan II, ses enfants et ses proches. Le «Monde» a trouvé là un thème pour exercer son journalisme de «haine» avec des articles dans sa «Une» glorieuse, complétés par une émission de plus d’une heure sur la chaîne de télévision LCI. Cette opération, menée sous la direction d’Edwy Plenel, a permis d’inscrire les sentiments de «l’outrage» – devenu à présent le «persécuté» – dans une expression de la «haine» journalistique spécialisée, contre Hassan II, sa succession et le régime monarchique marocain.
Mais ce journal peut toujours avancer le fait que ses journalistes n’ont fait que couvrir des affaires marocaines dont il ne sont pas à l’origine ?
La haine contre le Maroc est un projet éditorial pour ce journal. Le troisième exercice de «haine» du Monde a été aisément exécuté par un correspondant expulsé du Maroc, Jean-Pierre Turquoi. Il a bénéficié curieusement, d’une liberté de plusieurs mois, pour écrire sa «condamnation» personnalisée de l’ancien et du nouveau monarques. La lecture de son livre «Le dernier roi-Crépuscule d’une dynastie» n’a eu aucun effet au Maroc ni dans le monde de la presse française ou internationale. Car il ne constituait qu’une chronique de ragots, de cancans, d’histoires vulgaires du Palais, réunis en dehors de toute déontologie traditionnelle. Là aussi, le Monde n’a pas hésité à exercer sa «haine» contre le fondement de la nation marocaine sans la crainte d’impliquer visiblement des personnages fréquentant naturellement le Palais et la famille royale ou ayant simplement été des collaborateurs de Hassan II.
Les collaborateurs de journal sont libres d’écrire les livres qu’ils veulent. Est-ce que cela a un vrai impact sur le pays ?
Nul au Maroc n’a été ni impressionné par cette «oeuvre de haine». Mais, aujourd’hui, de nombreuse personnes sont étonnés et choqués par une nouvelle provocation du Monde qui prétendra devenir un quotidien local au Maroc, avec l’approbation ou le soutien intéressé de responsables de la communication aux niveaux les plus élevés.
Votre analyse risque d’être rapidement présentée, compte tenu des intérêts en jeu, comme hostile à la liberté de la presse. Que répondez-vous à cela ?
Condamner un tel affront contre l’honneur national n’a rien à voir avec l’attachement à la liberté de la presse et de l’expression publique qui doivent continuer à s’épanouir au Royaume du Maroc.

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