Le pari risqué d’Ariel Sharon

Le pari est risqué car, en cas de désaveu par la base de la principale formation de droite du pays, sa position à la tête du gouvernement deviendrait intenable, selon des analystes.
Mais Ariel Sharon n’avait pas d’autre choix que de s’adresser à la base, l’opposition étant trop forte au sein de la direction du Likoud à un plan qui heurte les dogmes de cette formation nationaliste, en prévoyant un retrait de la bande de Gaza et un démantèlement de colonies isolées en Cisjordanie.
Il mise sur sa popularité personnelle et sur les résultats de sondages. Selon le plus récent, publié mercredi par le quotidien Yédiot Aharonot, 51% des membres du Likoud appuient le plan et 36% le désavouent.
« Sharon n’est certainement pas ravi d’avoir à parier sur le vote des membres du Likoud, mais cela vaut mieux pour lui que de dépendre du Comité central », estime le politologue Dan Shueftan de l’université de Haïfa, dans le nord d’Israël.
En dépit des sondages, il évalue à moins de 50% les chances du chef du Likoud d’avoir le soutien de la base à son plan, compte tenu de la force du  » camp des durs ».
Le politologue Menahem Klein de l’université Bar Illan, près de Tel-Aviv, donne plus de chances au chef de gouvernement.
« Je pense que la base va le suivre, mais à une faible majorité » estime-t-il. En ce cas, il prévoit la dissolution du gouvernement actuel basé sur une alliance de la droite et de l’extrême droite. La convention du Likoud a approuvé à l’unanimité mardi soir à Tel-Aviv la tenue d’un référendum parmi les quelque 200.000 membres du parti.
Selon la radio publique israélienne, le référendum devrait avoir lieu durant la première semaine de mai, après le retour de M. Sharon de Washington où il s’entretiendra le 14 avril avec le président américain George W. Bush.
Le vice-Premier ministre israélien Ehud Olmert est très en faveur du plan, étant le premier haut responsable israélien à réclamer depuis décembre 2003 un retrait unilatéral israélien d’une grande partie des territoires palestiniens occupés. Mais il manque de popularité au sein du Likoud.
Le ministre des Affaires étrangères Sylvan Shalom s’est prononcé contre le plan et tout retrait unilatéral. L’ancien Premier ministre et ministre des Finances Benjamin Netanyahu, principal rival de M. Sharon au sein du Likoud, a adopté une position intermédiaire, refusant de rejeter en bloc le plan Sharon alors que l’aile la plus à droite du parti attendait qu’il le fasse. Il a préféré poser des conditions, exigeant l’accord de principe des Américains sur le maintien de blocs de colonies en Cisjordanie et sur le tracé de la ligne de séparation contestée, en cours de construction, pour prix de son soutien au plan de séparation.
Selon les médias, le Premier ministre négocie depuis des semaines l’entrée des travaillistes dans le cabinet pour remplacer le Parti national religieux (PNR, droite nationaliste) et l’Union nationale (extrême droite), qui ont annoncé leur intention de faire défection au cas où M. Sharon tenterait de faire adopter son plan par le gouvernement.
M. Sharon a lui même prévenu lundi qu’il était prêt à former un nouveau cabinet si ces deux partis mettaient leurs menaces à exécution.

• Chris Otton (AFP)

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