Les contractuels en colère contre Radi

Vingt-deux salariés contractuels à la première Chambre du Parlement ont annoncé avoir entamé, hier lundi, une grève de la faim de deux jours avec port du brassard pour demander la régularisation de leur situation. Selon plusieurs grévistes de la faim, le bureau de la Chambre des représentants devrait prendre exemple sur celui de la Chambre des conseillers où la décision a été prise pour titulariser la totalité des employés contractuels.
Ces derniers, précise une autre source, ont à leur actif entre trois et neuf ans d’ancienneté au service de plusieurs groupes parlementaires qui ont le droit de disposer, selon le nombre de sièges obtenus, de l’assistance de salariés rémunérés par le Parlement.
Les grévistes de la faim, qui ont de nouveau saisi Abdelouahed Radi (président USFP de la Chambre des députés) par écrit, avaient tenu une réunion de coordination, la semaine dernière, et se disent prêts à radicaliser leur mouvement de protestation si aucune solution n’est trouvée d’ici-là.
Les 22 salariés contractuels saisissent également le bureau de la première Chambre pour demander l’ouverture d’une enquête sur les résultats d’un concours dont l’organisation avait été confiée, le printemps dernier, à une société casablancaise. «Après un étrange entretien qui avait suivi un examen écrit, seulement cinq candidats parmi les contractuels de la première chambre ont été retenus», proteste l’un des grévistes qui s’interroge sur l’énorme retard pris pour l’annonce des résultats finaux.
Toutefois, indique une source au bureau de la première Chambre, il n’existe aucune base légale pour les revendications de cette catégorie de personnel contractuel. Les salariés contractuels affirment pour leur part que, outre le dernier exemple de la Chambre des conseillers, d’autres dossiers ont été réglés par une régularisation générale et dont le groupe qui en avait bénéficié en 1998. Ils insistent également sur le fait que le Parlement, avec ses deux Chambres, a besoin de nouveau fonctionnaires et notamment après l’opération de départ volontaire et les départs en retraite de plusieurs salariés.
En définitive, ils estiment que l’expérience qu’ils ont acquise pendant de longues années dans les arcanes de l’action parlementaire les habilite à s’acquitter des missions qui leur ont été toujours confiées.
Une source parlementaire remet en question ces arguments en affirmant que les partis politiques représentés au Parlement ont leur responsabilité dans cette affaire puisqu’ils ont abusé, pour la plupart, du recrutement des contractuels dépassant ainsi les quotas qui leur sont réservés et provoquant une "petite crise sociale". Une autre source ajoute que cette question figure parmi les points ayant une certaine "sensibilité" à l’approche des élections de 2007 et pourrait servir d’élément de pré-campagne électorale pour certaines formations politiques.
Jusqu’à hier après-midi, aucun nouveau contact n’avait été établi entre le bureau de la présidence de la première Chambre et les grévistes de la faim.

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