Les jordaniens dans l’expectative

Des indépendants proches du pouvoir ont obtenu la majorité des 110 sièges du nouveau parlement en Jordanie, avec une prédominance de représentants de tribus et grandes familles du Royaume, traditionnellement fidèles à la monarchie, selon les résultats définitifs annoncés mercredi.
Aucune femme n’a été élue dans le scrutin et une commission spéciale a été chargée de choisir les six femmes qui rempliront le quota qui leur est réservé, sur la base du nombre des voix obtenues par les 54 candidates qui se sont présentées aux législatives de mardi. Les islamistes du Front de l’Action islamique (FAI) n’ont pas réussi à faire élire la candidate qu’ils avaient présentée pour la première fois. Elle pourrait toutefois être une des six femmes qui jouiront du quota. Le FAI a finalement emporté 16 des 30 sièges qu’il briguait. C’est dans le gouvernorat de la capitale que les islamistes ont enregistré leur plus grand succès avec l’élection de leurs six candidats. Un Islamiste et ancien député, Abdel Moneim Abou Zanat, exclu des rangs du FAI pour avoir fait cavalier seul dans les élections, a obtenu à Amman un plus grand nombre de voix par rapport aux candidats du FAI élus dans la capitale. Dans les autres gouvernorats, notamment à Irbid (nord) le deuxième en importance dans le pays, les résultats ont été plus décevants pour les islamistes qui n’ont remporté que deux sièges sur les six candidats qu’ils ont présentés. Les islamistes ont ainsi obtenu 15% des sièges de la Chambre dont la majorité écrasante est indépendante. Le FAI, principal parti d’opposition, avait boycotté les dernières législatives en 1997. Selon les résultats définitifs, la majorité des élus sont de nouveaux venus à la Chambre. Abdel Hadi Majali, ancien président de la Chambre des députés, dissoute en 2001, a remporté un des sièges de Kérak, ville du sud qui a enregistré le taux de participation le plus élevé du Royaume (80%). Un autre ancien président de la Chambre (1997-1998), Saad Hayel Srour, a remporté un des trois sièges réservés aux bédouins du nord. En outre, l’ancien Premier ministre Abdel Raouf Rawabdeh (1999-2000) a été réélu dans le gouvernorat d’Irbid (nord), a-t-on annoncé officiellement. Le ministre jordanien de l’Intèrieur Kaftan Majali doit annoncer dans la journée les résultats officiels au cours d’une conférence de presse, après que la commission électorale eut désigné les six femmes qui siègeront à la Chambre. Le vote avait pris fin mardi à 19H00 locales (16H00 GMT) et le décompte a immédiatement commencé. Le taux de participation s’était élevé à 52,5% peu avant la clôture du scrutin, a déclaré le porte-parole officiel des législatives. Au total 1.221.682 dont 54% de femmes, se sont rendues aux urnes, sur les 2.325.496 Jordaniens inscrits, a précisé M. Fayçal Shboul. Selon lui, le taux de participation le plus bas a été enregistré au gouvernorat de la capitale Amman où seuls 38,16% des électeurs ont voté, alors qu’il était de 79,75% à Kérak (sud). Les Jordaniens devaient choisir parmi les 765 candidats, dont 54 femmes, leurs représentants à la Chambre.
Les élections se sont déroulées sur la base d’une nouvelle loi électorale qui a maintenu le système uninominal, mais a augmenté le nombre des sièges de la Chambre qui est passé de 80 à 110, a baissé l’âge de vote à 18 ans au lieu de 19 et adopté un quota de six sièges réservés aux femmes. Le parlement bicaméral jordanien a été rétabli en 1989. Les sénateurs sont désignés par le Roi.

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