Les mensonges d’Israël

Une équipe dépêchée par le secrétaire général de L’Onu, Kofi Annan, pour enquêter sur ces accusations, est arrivée mercredi à Jérusalem, selon un communiqué de l’Onu. Toutefois, Israël, qui a accusé récemment des Palestiniens d’avoir utilisé une ambulance de l’Unrwa pour transporter un lanceur de roquettes Qassam utilisé par le mouvement radical Hamas, a subitement mis de l’eau dans son vin.
Experts et militaires israéliens s’étaient en effet largement répandus dans les médias en soutenant que l’on voyait bien un lance-roquettes dans un film pris par l’armée israélienne, alors que la possibilité que l’objet soit plutôt un brancard est de plus en plus évoquée. Sur les images prises par un drone israélien, vendredi soir, dans le secteur de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, ces mêmes experts avaient pourtant cru voir des Palestiniens ranger le lance-roquettes dans un véhicule dont le toit portait le sigle UN des Nations unies. « Il y a effectivement un doute chez les experts sur ce que l’on voit sur ces images. Les divergences à ce sujet subsistent encore.
Certains estiment qu’il s’agit d’une arme, d’autres pensent qu’il s’agit d’un objet ordinaire », a déclaré, mardi soir, le général Israël Ziv, chef du bureau des opérations à l’état-major. « Même s’il y a eu une erreur, elle était involontaire. Les militaires et les experts pensaient vraiment qu’il s’agissait d’une roquette. Peut-être fallait-il procéder à une vérification plus approfondie », a expliqué mercredi à l’AFP un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères sous couvert de l’anonymat. « Nous avons tellement honte, que nous ne savons plus où nous mettre », a avoué un commentateur de la radio militaire relayé par les quotidiens, notamment le ”Haaretz” qui affirme qu’Israël « a porté atteinte à sa crédibilité ». La très influente commission des Affaires étrangères et de la Défense du parlement a commencé à examiner les circonstances de ce qui apparaît de plus en plus comme une erreur commise par les militaires israéliens. Son président, Yuval Steinitz, a estimé, lors d’un entretien à la radio militaire, que des responsables au sein de l’armée devraient rendre des comptes. « Quel est l’imbécile qui est responsable de ce scandale ? », s’est interrogé l’éditorialiste du quotidien ”Yediot Aharonot”. Le problème, poursuit le journal à grand tirage, « c’est qu’il ne s’agit pas que d’un seul homme mais d’une série d’erreurs commises par de larges franges du système ». Même si les Israéliens semblent disposés à avouer la méprise, le vieux contentieux qui existe depuis des lunes entre eux, l’Unrwa et son directeur, Peter Hansen, reste entier. « Nous avons beaucoup à dire sur l’Unrwa et sur M. Hansen qui trouve que le Hamas n’est pas une organisation terroriste », a affirmé le haut-fonctionnaire israélien en rappelant que c’est le même M. Hansen qui avait, à tort, fait état de « centaines de morts » à Jénine (Cisjordanie), en avril 2002. « Et lorsque nous constatons une erreur, nous le disons. Nous attendons des Nations unies qu’elles fassent la même chose de leur côté en ce qui concerne les agissements de l’Unrwa et de son directeur », a-t-il poursuivi. Le directeur de l’Unrwa a catégoriquement rejeté les accusations israéliennes, affirmant que l’homme vu embarquant dans l’ambulance de l’Unrwa était un brancardier tenant un brancard. M. Hansen a exigé mardi qu’Israël se rétracte et présente des excuses pour ce qui, à ses yeux, constitue des accusations totalement infondées. Mardi soir, l’armée israélienne a, par ailleurs, annoncé l’arrestation depuis septembre 2000 de treize employés des Nations unies qu’elle a accusés d’implication dans « des activités terroristes ».

• Patrick Anidjar (AFP)

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