L’ETA lance un « appel à la paix »

« Nous voulons apporter ici, au nom de notre organisation, un message de paix (…) Nous en rappelons les conditions? libération des prisonniers et droit à l’autodétermination du Pays basque. Avec cela, la paix est possible dès demain », a-t-il déclaré. Il a estimé que l’ETA, qui a fait 838 morts depuis 1968 dans sa guerilla pour l’indépendance du Pays basque, était « la seule à faire des propositions de paix » et a accusé la France et l’Espagne de « collaborer pour anéantir le Pays basque ».
Ce message d’un chef militaire de l’ETA est inhabituel malgré les conditions posées. Lors d’un premier procès à Paris, en octobre 2000, « Inaki » avait d’ailleurs eu un tout autre comportement, jetant ses chaussures sur les journalistes et les magistrats et les menaçant de mort. Sa déclaration intervient aujourd’hui après une vague d’arrestations en France et en Espagne qui a porté des coups sévères à l’organisation séparatiste.
En décembre, la police française a découvert que l’ETA avait effectué des repérages très précis sur les habitudes et l’emploi du temps de la juge antiterroriste Laurence Le Vert, dans le but apparent de l’assassiner. Une évasion à l’explosif que préparaient des détenus de l’ETA a aussi été déjouée le mois dernier à la prison parisienne de la Santé. Arrêté en septembre 2000 à Bidart (Pyrénées-Atlantiques), « Inaki », 47 ans, a déjà été condamné en 2000 à cinq ans de prison ferme pour « participation à une association de malfaiteurs terroriste ». Il encourt une peine de dix ans de prison dans ce nouveaau procès.
Lors de l’audience, il a déclaré « assumer » les faits qui lui étaient reprochés et a comparé l’ETA à la Résistance française contre l’Occupation nazie entre 1940 et 1944. « Comme la France a résisté en son temps, moi aussi j’ai le droit de résister et j’utilise les mêmes moyens que les résistants français. C’est un exemple pour nous », a-t-il dit. Il a alors assimilé le procureur Michel Debacq au gouvernement de Vichy. « Moi, la Vichy, je la bois le soir chez moi en rentrant à la maison », lui a répondu le magistrat. « Inaki » est recherché en Espagne pour sa participation présumée à un projet d’assassinat du Roi Juan Carlos en 1995.
Après avoir succédé à Javier Arizkuren Ruiz, lui-même arrêté en 1999 en France, il aurait pris en charge les tâches de répartition des finances de l’organisation, d’approvisionnement en armes des commandos, de sélection des objectifs et de synthèse des informations recueillies par l’ETA. Il semble avoir géré à ce titre un arsenal retrouvé à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), où étaient stockés, selon le dossier, 29 roquettes, six grenades, neuf pistolets-mitrailleurs, deux fusils, 22 pistolets, des milliers de munitions, 240 kilos d’explosifs de plusieurs types, de la poudre noire, 169 détonateurs et des systèmes de mise à feu.
Fabienne Tapia, son épouse française de 37 ans, arrêtée en même temps que lui mais aujourd’hui libre, est jugée pour « association de malfaiteurs terroriste » tout comme un troisième militant présumé de l’organisation indépendantiste basque, Juan Antonio Olarra Guridi, 35 ans, arrêté en septembre. Le procès se termine vendredi et le jugement sera mis en délibéré.

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