L’hémorragie du Polisario se poursuit

L’hémorragie du Polisario se poursuit

Mohamed Cheikh Ould Mohamed Lamine Boussoula retrouve sa fille à Laâyoune après 31 ans de séparation. Et il n’est pas le seul à savourer la joie des retrouvailles avec les membres de sa famille et sa tribu, les Izrguyine, puisque son fils, M’Barek a emprunté le même vol de la compagnie aérienne des Canaries.
Le retour des deux hommes, selon les informations recueillies à Laâyoune, porte un nouveau coup des plus durs aux mercenaires et aux thèses séparatistes. Et pour cause puisque Mohamed Cheikh Ould Mohamed Lamine Boussoula faisait partie de ce qu’on pourrait appeler la "direction spirituelle" du Polisario. "Le ralliement de Mohamed Lamine Boussoula enlève une carte maîtresse des mains du Polisario et remet en cause la prétendue légitimité historique de sa direction". Boussoula père, selon ses proches, faisait partie de la commission hispano-sahraouie dont la crédibilité auprès des organismes internationaux n’a jamais été écornée. Agé de 86 ans aujourd’hui, il avait également fait partie des responsables de l’armée de libération et garde toujours sa carte de résistant contre les colons espagnols.
Mohamed Cheikh Ould Mohamed Lamine Boussoula est surtout salué pour son honnêteté intellectuelle et son courage. En 1992, lors de la tenue du huitième congrès du Polisario, il avait défrayé la chronique en s’interrogeant publiquement sur le sort des dépouilles des Sahraouis morts dans les prisons des mercenaires. Ses déclarations ont fait l’effet d’une douche froide sur les amis de Mohamed Abdelaziz et l’homme a été mis au placard depuis lors.
Membre des chioukh d’identification, cet homme a faussé compagnie aux séparatistes via la Mauritanie puis les Canaries où il allait retrouver son fils M’Barek. Ce dernier avait déjà quitté Tindouf en 2001. Contrairement à son père, M’Barek Boussoula est un des cadres militaires du Polisario. Avant la fin des hostilités en septembre, il travaillait au sein des services de la défense aérienne. Les Boussoula, qui quittent Las Palmas pour Laâyoune, déclarent que leur retour a été motivé par la volonté de contribuer à faire aboutir le projet d’autonomie sous souveraineté marocaine proposé par le Royaume.
La famille Boussoula est l’une des plus influentes au Sahara. Constituée de plusieurs notables, elle fait partie de la tribu des Izrguyine.
Les deux nouveaux ralliés s’ajoutent à une longue liste de responsables de premier ordre qui ont décidé de regagner la mère-patrie.
Installés parmi les leurs à Laâyoune, Boussoula père et fils ont promis de mettre à nu  les graves violations des droits de l’Homme dans les camps de Tindouf, les détournements des aides humanitaires et l’arbitraire qui caractérise le traitement réservé par la direction du Polisario aux populations cantonnées dans les camps dans des conditions inhumaines.

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