L’Irak reprend ses exportations de brut

Un spectacle perdu de vue, depuis près de quatre mois, refait surface en Irak. Un pétrolier turc était en train de charger, dimanche, du pétrole dans ses cuves. Signe de la reprise des exportations irakienne de brut. Une opération salutaire à laquelle ont assisté plusieurs responsables.
En effet, des employés turcs vaquaient au chargement d’un million de barils de brut irakien sur le tanker "Dignité ottomane", lors d’une cérémonie à laquelle ont participé des dirigeants de l’industrie pétrolière irakiens, américains et turcs dans ce terminal pétrolier méditerranéen, situé au bout de deux oléoducs parallèles reliés aux champs pétroliers du nord de l’Irak.
« Nous reprenons les affaires pour la première fois depuis la guerre », a constaté Mustafa Yulek, un responsable de l’opération de chargement. « Nous sommes très contents (…) Cela marquera le début d’une nouvelle ère et le début de la normalisation », a pour sa part confié à l’Associated Press Mehmet Takiyuddin Bilgic, patron de la compagnie d’oléoducs turque BOTAS.
Le pompage du brut vers les cuves a été lancé d’un simple clic de souris par Mohammed Al-Djibouri, le directeur de la Société d’Etat pour la commercialisation du pétrole (SOMO). Après l’opération de pompage qui devait durer près de 23 heures, « Dignité ottomane » devait transporter le pétrole vers une raffinerie turque située sur les bords de la mer Egée.
Le ministre irakien du Pétrole par intérim, Samer Al-Ghadhban, avait souligné que « la priorité pour l’année à venir est de rétablir les capacités de l’industrie pétrolière ». Selon lui, cette dernière va progressivement rapporter davantage d’argent et contribuera au rétablissement de l’Irak d’ici fin 2004.
L’Irak arrive en deuxième position mondiale quant à ses réserves de pétrole. La reprise des exportations constitue un virage déterminant pour le pays et le peuple irakien. En effet, la reconstruction de l’Irak, dévasté aussi bien par l’invasion américaine que par une succession de guerres et douze années d’embargo, nécessite des moyens colossaux. Ce premier pas est d’une symbolique particulière, augurant du rétablissement d’une économie agonisante.

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