L’Iran poursuit sa marche nucléaire

Le Haut conseil de l’énergie atomique, émanation politique du gouvernement, « a autorisé l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (organe opérationnel) à prendre les mesures et à passer les contrats » pour la seconde tranche de Bouchehr (sud), a rapporté l’agence officielle Irna. Cette seconde tranche de la première centrale nucléaire civile iranienne en cours de construction avec l’aide des Russes sera, elle aussi, d’une capacité de 1.000 mégawatts, a précisé le Haut conseil. « Le Haut conseil a également autorisé l’Organisation iranienne à mener les études nécessaires » pour que l’Iran atteigne l’objectif déjà annoncé d’une production totale de 7.000 mégawatts (dont les 2.000 de Bouchehr) d’ici à 2020, ce qui suppose la construction de nouvelles centrales. Le Haut conseil a par ailleurs évoqué pour la première fois la construction d’un accélérateur de particules. En effet, des « équipements connexes » à un tel accélérateur doivent être « complétés », dit Irna sans plus de précision. Aucun éclaircissement n’a été obtenu auprès de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique. L’Iran a donné depuis un an un coup d’accélérateur à son programme nucléaire civil pour, dit-il, satisfaire une demande énergétique croissante et prévenir un épuisement à long terme de ses considérables réserves de pétrole et de gaz. L’avancement de ce programme suscite la préoccupation de la communauté internationale, inquiète qu’il ne dissimule un plan pour se doter de la bombe atomique, ce dont l’Iran s’est toujours défendu. L’Iran est ainsi pressé de toutes parts de signer le protocole additionnel au Traité de non-prolifération (TNP), ce qui permettrait à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de procéder sans préavis à des inspections poussées des sites iraniens. Les Etats-Unis, qui exercent leurs pressions tous azimuts, oeuvrent à une condamnation de l’Iran par l’AIEA et à une saisine du Conseil de sécurité de l’Onu. Ils voudraient aussi obtenir de la Russie qu’elle cesse sa collaboration avec l’Iran à Bouchehr, censée entrer en service fin 2004. Le combustible de la première tranche n’a toujours pas été livré par la Russie. Concession faite à Washington, Moscou a réclamé de Téhéran des garanties qu’il lui réexpédiera bien le combustible usagé, afin que celui-ci ne soit pas utilisé à d’autres fins. Un accord est prêt de longue date, mais la signature s’en fait toujours attendre. Moscou a adopté en juillet 2002 un projet de coopération nucléaire avec Téhéran sur dix ans, incluant l’extension de Bouchehr, mais aussi la construction d’une centrale à deux réacteurs à Ahwaz (sud-ouest). Moscou a cependant souligné que seule la coopération à Bouchehr 1 avait fait l’objet d’une décision définitive. L’Iran a indéfectiblement protesté de la vocation « pacifique » de son programme nucléaire. Le chef de l’Organisation de l’énergie atomique Gholamreza Aghazadeh a laissé entrevoir mercredi des résultats « positifs » sur la signature par Téhéran du protocole additionnel d’ici au 8 septembre, date à laquelle se réunira le conseil des gouverneurs de l’AIEA pour examiner le dossier iranien. Cependant, une partie des conservateurs s’inquiètent qu’après une signature du protocole additionnel, les inspecteurs de l’AIEA ne viennent violer des secrets stratégiques et militaires sans rapport avec leur mission, et ils prônent un désengagement iranien du TNP.

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