L’Italie toujours dans la tourmente

A une semaine après leur enlèvement en plein jour dans le bureau de leur association à Bagdad et malgré les efforts de Rome pour trouver des interlocuteurs, la plus grande incertitude régnait sur le sort de Simona Pari et Simona Torretta, toutes deux âgées de 29 ans.
Un site Internet islamiste a publié dimanche 12 septembre un communiqué attribué à un groupe jusque-là inconnu, le Jihad islamique en Irak, lançant un ultimatum de 24 heures à l’Italie pour qu’elle retire ses troupes d’Irak, faute de quoi les deux Italiennes seraient assassinées. Le communiqué n’est accompagné d’aucune photo des Italiennes ou de leur passeport qui permettrait de l’authentifier. Jusqu’à présent, leur enlèvement, en même temps que celui de deux de leurs collègues irakiens, avait été revendiqué par une organisation également inconnue, Ansar al-Zawahiri (« Les partisans de Zawahiri », du nom d’Ayman al-Zawahiri, bras droit d’Oussam ben Laden).
Ce groupe réclamait la libération de détenues musulmanes en Irak.
Le Corriere della Sera soulignait dimanche que les spécialistes italiens s’inquiètent de l’absence, jusqu’à présent, d’images montrant les deux femmes en vie.
Selon le quotidien, les recherches se sont intensifiées pour essayer de trouver l’endroit où elles seraient retenues. Les experts, poursuivait le journal, semblent convaincus que les deux Italiennes et leurs deux collègues Irakiens se trouvent encore à Bagdad, vraisemblablement dans un quartier peu accessible aux Occidentaux. Les recherches pourraient toutefois être compliquées par les affrontements qui ont eu lieu dimanche à Bagdad, faisant 12 morts dont deux enfants et un journaliste. L’ambassadeur d’Italie en Irak Gianludovico Di Martino a, selon la presse italienne, rencontré des responsables du conseil des oulémas, l’organisation la plus représentative ses sunnite irakiens, qui a déjà servi de médiateur pour obtenir la libération d’otages. Soucieux de ne négliger aucune piste pour obtenir la libération des deux femmes, le gouvernement italien avait répondu au premier ultimatum en se déclarant prêt à faire son possible pour obtenir la libération de prisonniers qui seraient détenus injustement en Irak. Mais il n’en va pas de même pour le retrait des troupes italiennes, une exigence que Rome a déjà rejetée à plusieurs reprises.
En Italie, le week-end a été marqué par de nombreuses manifestations de solidarité en faveur des deux jeunes femmes, dont des portraits géants ont été affichés sur la façade du Capitole (la mairie) à Rome, et à Milan sur les murs du palais abritant l’administration provinciale. Après quelque 80.000 personnes à Rome vendredi soir, plus de 20.000 personnes ont défilé samedi après-midi à Milan pour réclamer la libération des jeunes femmes. De nombreuses femmes musulmanes se trouvaient dans le cortège. Des manifestations similaires ont eu lieu un peu partout en Italie.

• Philippe Sauvagnargues (AFP)

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