L’opération meurtrière de Ghaza

Les Palestiniens de Ghaza pansaient leurs blessures dimanche, quelques heures après l’opération de l’armée israélienne dans leur ville au cours de laquelle douze des leurs ont été tués. L’opération meurtrière de la nuit est la plus grosse opération lancée dans la ville même de Ghaza, depuis la création de l’Autorité palestinienne en 1994. Selon un bilan de source hospitalière, douze Palestiniens on été tués durant cette opération, et 64 autres ont été blessés, dont six grièvement.
Les traces des destructions étaient visibles dans les principales artères de Ghaza et dans les ruelles du quartier al-Zeïtoun, un des plus grands de la ville en deuil. Les impacts des balles tirées étaient visibles sur les maisons dont les habitants ont dû se réfugier dans les étages inférieurs. Bachir Akl a raconté qu’une partie de sa maison de quatre étages a été détruite par les éclats d’obus et les flammes.
Fouad Samna n’en a pas cru ses yeux en se rendant avec ses frères et cousins et une cinquantaine de ses ouvriers dans son aciérie entièrement détruite. « Ce sont des destructions délibérées. Ils veulent anéantir l’économie palestinienne. Ils prétendent qu’ils veulent empêcher la fabrication des mortiers », dans cette usine qui fabrique des caravanes et des conteneurs, a-t-il déploré. Commentant l’opération, un porte-parole de l’armée israélienne avait indiqué auparavant que « des fantassins, appuyés par des blindés et des hélicoptères de combat avaient détruit sur place plus d’une centaine d’ateliers de production de roquettes (…) d’obus de mortier et d’autres armements ».
Les destructions israéliennes d’entreprises et de fabriques privent de leur travail des centaines d’ouvriers à Ghaza où le taux de chômage se situe à près de 70% en raison de la fermeture des routes et de l’embargo imposés par Israël, selon Samna. Non loin de là, Mohammad Dahdouh, 60 ans, contemple les ruines de sa maison démolie par des explosifs de l’armée israélienne. « Ariel Sharon (le Premier ministre israélien) veut gagner les élections aux dépens du sang de nos enfants et des pierres de nos maisons », murmure-t-il. Mais le jeune Ouissam, 15 ans, indique qu’il voudrait devenir avocat « pour défendre (son) peuple qui souffre de l’occupation », en dépit de la démolition de sa maison. Sur les deux côtés de la principale avenue Salaheddine à Ghaza, s’accumulent des amas de décombres d’une dizaine d’entreprises et de fabriques dont les machines sont entièrement détruites par les soldats israéliens. « C’est une lâche opération effectuée par Sharon pour justifier son incapacité à assurer la sécurité aux Israéliens », commente Hassan Abou Chaâbane devant les ruines de deux des plus importantes fabriques de Ghaza.
« Nous n’abdiquerons pas, nous ne quitterons pas notre terre quelle que soit la guerre qui nous est livrée par Israël. C’est à eux de s’en aller », ajoute-t-il. De violents accrochages ont opposé, dans les rues du quartier al-Zeïtoun, des Palestiniens armés aux soldats israéliens qui étaient épaulés par des tanks et des hélicoptères. « Les habitants du quartier pansent leurs blessures aujourd’hui mais la riposte viendra », assure un Palestinien armé du Fatah, le mouvement de Yasser Arafat. Un groupe de combattants affirme même avoir « réussi à détruire trois chars israéliens et plusieurs véhicules blindés », ce dont l’armée n’a pas fait mention, et qui n’a pu être confirmé de source indépendante.

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