L’UA en sommet à Abuja

L’UA, qui a remplacé en mars 2001 l’Organisation de l’Union Africaine fondée en 1963 après les indépendances, organise désormais deux sommets ordinaires de chefs d’Etat et de gouvernement par an.
Le sommet se tiendra dans capitale fédérale du Nigeria, le président Olusegun Obasanjo assurant la présidence de l’organisation continentale, tout en présidant le tout nouveau Conseil de paix et de sécurité mis en place l’année dernière sur le modèle du Conseil de sécurité de l’ONU. Cette initiative répond au projet global de l’UA qui vise à développer le continent africain, l’un des plus touchés dans le monde par les crises et conflits armés.
Malgré la résolution récente de la guerre entre le nord et le sud Soudan, le plus vieux conflit du continent, par la signature des accords de Naivasha, l’UA reste confrontée à la guerre civile en Côte d’Ivoire, à l’instabilité en République démocratique du Congo (RDC) et au Burundi, à la reconstruction de la Somalie et à une catastrophe humanitaire sans précédent dans la province occidentale soudanaise du Darfour, toujours en proie à la violence. L’UA a envoyé une mission d’observateurs militaires au Darfour, 1.700 soldats Nigérians et Rwandais, sur les 3.320 prévus par l’organisation. A Abuja, « nous allons d’abord remotiver les Etats membres pour contribuer (aux différentes missions de l’UA) en terme de troupes mais aussi en terme de soutien logistique, car il faut savoir que jusqu’à présent la mission (au Darfour) est financée à partir de ressources extérieures à l’Afrique », a déclaré à l’AFP le commissaire de l’UA chargé de la sécurité et de la paix, Saïd Djinnit. « Le sommet d’Abuja est une occasion en or pour que toutes les pressions au plus haut niveau se fassent sur le gouvernement soudanais pour qu’il honore ses engagements », a-t-il ajouté. L’UA a également nommé le président sud-africain Thabo Mbeki médiateur pour la crise en Côte d’Ivoire, coupée en deux depuis septembre 2002.
Ses efforts n’ont pour l’instant guère porté leurs fruits, mais les discussions se poursuivent. Autre défi pour l’organisation continentale, la représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU, dans le cadre de la réforme des Nations Unies. « A Abuja, les chefs d’Etats vont devoir débattre de deux scénarios: scénario A, deux Etats africains sont membres permanents au sein du Conseil de sécurité. Scénario B, quatre Etats africains sont membres non permanents du Conseil de sécurité et changent tous les trois ans », a déclaré lundi un porte-parole de l’UA, Adam Thiam, au siège de l’organisation à Addis Abeba.
En revanche, selon lui, le mode de désignation et le choix de ces Etats ne sont pas à l’ordre du jour du sommet. Par ailleurs, la sécurité alimentaire, la lute contre les épidémies, comme le VIH-sida et la poliomyélite, et le Nouveau partenariat pour le développement en Afrique (NEPAD) seront aussi à l’ordre du jour du sommet, à côté de propositions d’Etats-membres, comme celle de la Libye. Le chef de l’Etat libyen, le colonel Mouammar Kadhafi, qui est à l’origine de la naissance de l’UA, va proposer de créer des postes de ministres des Affaires étrangères, de la Défense et des Transports de l’Union. Plusieurs personnalités sont attendues à ce sommet en plus des chefs d’Etat, notamment le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, et le ministre britannique en charge de l’Afrique, Chris Mullin.

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