Mandela souffle sa 85ème bougie

Mandela souffle sa 85ème bougie

Diffusion de documentaires spéciaux, inauguration d’un gigantesque « Pont Mandela » au coeur de Johannesburg, grand concours de mini-messages SMS de voeux (le coût des appels ira à des oeuvres), lancement -par Bill Clinton- d’une « Conférence Mandela » annuelle sur le thème de la pauvreté… : L’ancien président sera partout et sans cesse à l’honneur cette semaine. Le jour de ses 85 ans, vendredi 18 juillet, M. Mandela recevra à son domicile de Johannesburg l’aubade matinale d’un orchestre, les voeux d’un groupe d’enfants handicapés, puis l’équipe de rugby des Springboks qui, à la veille d’un match important contre les All Blacks, a demandé à venir lui chanter « bon anniversaire ». Il passera pourtant l’essentiel de la journée au calme en famille, avec une partie de ses 35 petits-enfants et arrières-petits enfants, et quelques amis. Mais manquera à l’appel l’être sans doute le plus proche de lui, l’ami, mentor et compagnon de lutte pendant 61 ans, Walter Sisulu, disparu en mai à 90 ans. L’évènement suscitant le plus de curiosité est le banquet dansant du samedi 19 au centre de conférence de Sandton, qui rassemblera, selon le programme, « des invités ayant (eu) une relation particulière avec M. Mandela: des membres de familles royales, des chefs d’Etat, des stars de Hollywood, des politiciens, mais aussi des membres de son personnel, comme son jardinier et son cuisinier ». « C’est une surprise pour Madiba (nom de clan de Mandela, devenu son surnom affectueux), et nous avons couvert tous les gens qui lui ont été proches. Nous nous sommes engagés à ne pas divulguer les noms, car ils ne veulent pas qu’ils soient publiés », a expliqué sa porte-parole. La presse sud-africaine croit savoir que Michael Jackson, Barbara Streisand, le groupe Destiny’s Child, figureront parmi les invités chantants de la soirée de Sandton (nord de Johannesburg), retransmise en direct à la télévision, avec l’arrivée des stars sur tapis rouge, façon « Oscars ». Entre une visite à Londres, puis à Paris pour une intervention sur le sida, et les célébrations des jours à venir, cette semaine très publique représente une rupture pour M. Mandela, que son entourage ménage désormais de plus en plus, bien qu’il apparaisse en forme et remis d’un cancer de la prostate en 2001. Il a ainsi pris du recul depuis six mois, en grande partie pour rattraper le retard pris dans la rédaction du second tome de ses Mémoires, après « Le long chemin vers la liberté », celui qui doit revenir sur les dernières années de la transition, puis son mandat de chef d’Etat (1994-99). Isolé dans un lodge tenu secret dans la province du Limpopo (nord), il a essayé depuis février de consacrer aux moins deux semaines par mois au livre, en gestation depuis maintenant près de deux ans, limitant ses engagements publics officiels à 5 jours par mois environ. Le vieil homme n’est pas pour autant resté muet. Il a été cette année l’une des plus fortes voix mondiales à s’élever contre l’inexorable montée vers l’invasion de l’Irak. S’emportant notamment, en termes durs, contre les Etats-Unis « arrogants » et leur président « qui n’arrivent pas à penser correctement », ou contre le Premier ministre britannique Tony Blair « devenu le +ministre des Affaires étrangères de l’Amérique+ ». Car même à 85 ans, affaibli et retiré de la vie politique, M. Mandela est resté, ironise un de ses assistants, « ingouvernable ».

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