Mauritanie : Fin de la transition

Mauritanie : Fin de la transition

Pas moins de six chefs d’Etat africains seront présents aujourd’hui, jeudi 19 avril 2007,  à l’investiture de Sidi Cheikh Abdallahi, premier président mauritanien à accéder au pouvoir sans l’appui de la Grande Muette.  21 coups de canon salueront ainsi l’installation du nouveau Chef de l’Etat.
La présence du Malien Amadou Toumani Touré, ancien haut gradé de l’Armée, tombeur du dictateur Moussa Traoré, au début des années 90 et, quelques années plus tard, revenu au pouvoir à la faveur des urnes,  se veut plus qu’un symbole pour les 16 colonels mauritaniens formant l’état-major du Comité Militaire pour la Justice et la démocratie. Cette instance qui passe le témoin à un gouvernement élu démocratiquement  s’est officiellement déclarée au service des institutions républicaines. Et, bien qu’en de nombreux interviews, le Colonel Ely Ould Mohamed Vall ait exprimé son désir de se retirer à la campagne avec le sentiment du «travail bien accompli», rien n’exclut son retour à la politique lors des prochaines échéances présidentielles.
Autre Chef d’Etat présent à cette investiture, le sénégalais Abdoulaye Wade, lequel du haut de ses 81 ans, vient de renouveler son bail quinquennal avec le peuple sénégalais. Voisin direct de la Mauritanie, l’avocat du Nepad aura sans doute à jouer un rôle clé dans le processus de retour des réfugiés mauritaniens au Sénégal et au Mali depuis les tragiques événements d’avril 1989. Le président nouvellement élu s’est engagé à résoudre cet hiatus dans une période de 6 à 12 mois.  Des invités de marque à cette cérémonie, figure aussi le président Blaise Compaoré du Burkina Faso, naguère considéré par le régime de Ould Taya comme  une base arrière pour tous les apprentis putschistes mauritaniens.
Quant au Président Yayah Jammeh de la Gambie, pays aussi grand que la région de Marrakech, il s’agit d’un grand ami des Chefs d’Etat passés et présents de la Mauritanie. Sa présence à cette cérémonie est en soi un signe de continuité.  Les Chefs d’Etat de la Guinée Bissau et du Cap Vert seront finalement  les uns des rares inhabitués des lambris du Palais Ocre de Nouakchott à se déplacer à cette investiture. Tel n’est pas le cas du président Tandia du Niger, dont l’origine mauritanienne, est source de beaucoup de sympathie auprès des Nouakchottois
Côté Maghrébin, le Premier ministre marocain, Driss Jettou est attendu aujourd’hui à Nouakchott. L’Algérie se contentera de se faire représenter par son président du Sénat. Pour sa part,  les Etats-Unis, adeptes de la diplomatie du pétrole en Afrique,  par John Negroponte, numéro deux du Département d’Etat. La présence de la France sera-t-elle plus sobre ?
La cérémonie se déroulera au Palais des Congrès de Nouakhchott sous la présidence du président du Sénat mauritanien. La fête est attendue être grandiose sachant qu’il faudra beaucoup plus que des feux d’artifice pour exorciser les mauritaniens des psychoses de putsh. Entre 1978 et 2005, pas moins de six coups d’Etat ont abouti au renversement du régime contre une dizaine d’avortés.  La formation du Gouverment national reste le principal suspense. D’ici 24 heures, les mauritaniens devront connaître le nom de leur Premier ministre ainsi que la composition de leur Gouvernement qui pourrait bien emprunter la formule de gouvernement d’union nationale. Arrivé troisième lors du scrutin présidentiel avec 15% des voix, Zeidane Ould Zeidane, 41 ans et ancien directeur de la Banque Centrale est bien placé pour briguer le fauteuil de Premier ministre. 

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