Mise en garde contre le plan de Sharon

«La direction palestinienne met en garde contre les dangers de parvenir à un tel accord (entre Israël et les Etats-Unis) car cela (..) détruira toute possibilité de paix, de stabilité et de sécurité dans la région et y lancerait un cycle de violence », a affirmé la direction palestinienne, réunie sous la présidence de Yasser Arafat.
Ariel Sharon devait soumettre mercredi, à la Maison-Blanche, au président américain, George W. Bush, son plan de séparation unilatérale d’avec les Palestiniens qui prévoit notamment un retrait de la Bande de Gaza et de certaines implantations isolées en Cisjordanie où il entend toutefois maintenir les principaux blocs de colonies. En échange de ce retrait, le Premier ministre israélien espère obtenir du président Bush une déclaration américaine affirmant que les réfugiés palestiniens ne pourront s’installer que dans le futur Etat palestinien et non pas en Israël, ainsi qu’un soutien implicite au maintien de groupes de colonies en Cisjordanie où vit la grande majorité des 230.000 colons. « L’accord auquel aspire Sharon porte atteinte à la question des réfugiés et aux frontières de 1967, y compris Jérusalem-est, et cautionne la présence illégale des blocs de colonies sur la terre palestinienne et le mur de l’apartheid qui confisque 58 % de nos terres en Cisjordanie », ajoute le communiqué. Les Palestiniens qualifient « de mur de l’apartheid » la barrière de séparation qu’Israël érige en Cisjordanie et qui s’enfonce profondément en territoire palestinien.
Quant au retrait prévu de Gaza, la direction palestinienne affirme qu’Israël entend transformer ce territoire « en une grande prison », en gardant le contrôle de la frontière avec l’Egypte, des eaux territoriales et de l’espace aérien. Le communiqué appelle les Palestiniens, les pays arabes et l’ensemble de la communauté internationale à « rejeter ce projet qui contrevient aux résolutions internationales et annule «la feuille de route», dernier plan international.
Le Premier ministre palestinien, Ahmed Qoreï, a pour sa part averti George Bush qu’il porterait le coup de grâce au processus de paix en cautionnant les plans de M. Sharon de maintenir des blocs de colonies juives en Cisjordanie occupée. « Toute parole qui pourrait encourager la colonisation ou la construction du mur (en Cisjordanie) nuirait au processus de paix et ne laisserait rien à négocier avec les Israéliens », a affirmé M. Qoreï aux journalistes.
Côté israélien, les colons et les durs du parti Likoud ont lancé une campagne agressive contre le plan de séparation du Premier ministre israélien qui doit être soumis à referendum, le 2 mai, parmi les 200.000 membres du Likoud. Deux formations de droite et d’extrême droite menacent de quitter la coalition de Sharon en cas d’adoption du plan. Pour contrer le « transfert » des quelque 7.000 à 8.000 colons de la Bande de Gaza, le Conseil des implantations de Judée-Samarie (Cisjordanie) et de la Bande de Gaza, la principale organisation de colons, a organisé sa campagne comme une «opération militaire», selon la radio.

• Hossam Ezzedine (AFP)

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