«Normes hygiéniques»

Le ministre du Commerce extérieur, Abdellatif Maâzouz, est en visite officielle en Chine. Une bonne chose. Car il est toujours bénéfique pour les membres du gouvernement de faire des déplacements à l’étranger pour se pencher de près sur les expériences des autres pays dans le domaine de leurs compétences.
Mais, ce genre de voyages peut aussi servir à montrer à quel point un ministre, nouveau dans le métier, a-t-il assimilé les subtilités politiques et diplomatiques de sa nouvelle profession. Le voyage de M. Maâzouz en Chine, par exemple, montre que le ministre chargé du Commerce extérieur a eu un bon réflexe : se déplacer au pays qui accapare la majeure partie des importations marocaines. D’autant plus qu’il s’est déplacé à La Mecque des importateurs marocains : la foire internationale de Guangzhou.
Mais le problème c’est qu’en marge de ce voyage de prospection, le ministre a fait des déclarations qui révèlent qu’il manque de subtilité diplomatique et qu’il n’a pas encore développé, deux ans après sa nomination, une vision claire sur le dossier chinois.
Interrogé par nos confrères de la MAP sur la manière de contenir l’aggravation continue du déficit commercial en faveur de la Chine, il a répondu qu’il existe deux possibilités : ou «la Chine ouvre son marché aux produits marocains», ou «le Maroc s’emploiera à limiter les importations des produits (…) ne répondant pas aux normes d’hygiène et de qualité».
Or, M. Maâzouz semble oublier que l’amélioration de nos exportations vers le marché chinois est une affaire plutôt marocaine car nul n’empêche les Marocains, assistés par le ministère, d’aller vendre nos produits en Chine. Il suffit que lesdits produits soient suffisamment compétitifs.
En plus, menacer les Chinois de limiter l’accès de leurs marchandises vers le Maroc en invoquant des problèmes de qualité et d’hygiène est doublement maladroit. Car, il s’agit d’une chose que l’on ne brandit pas publiquement. Elle fait partie de tractations dans les coulisses entre les départements du Commerce des deux pays. Et c’est politiquement maladroit, car le ministre reconnaît qu’il laisse passer sur le marché marocain des produits de mauvaise qualité et ne répondant pas aux normes hygiéniques. Pire : il avoue qu’il a l’intention juste de «limiter» leur importation et non pas l’arrêter définitivement.

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