octobre 18, 2018

 

Nouvelles inculpations en Mauritanie

L’ancien président mauritanien, Mohamed Khouna Ould Haidalla, n’en finit pas de flirter avec la prison. Mercredi dernier, cet ancien colonel de l’armée a été inculpé avec deux figures de l’opposition mauritanienne, de participation à un financement d’un complot contre l’Etat.
L’inculpation a été faite dans le cadre de l’enquête sur la série de putschs qui a visé le régime ces derniers quinze mois. Pour le moment, Ould Haidalla ainsi que Ahmed Ould Daddah (demi-frère de Mokhtar Ould Daddah, premier Président de la Mauritanie indépendante) et Ould Horma, bénéficient tous trois d’une liberté provisoire. Selon des sources judiciaires proches de la thèse officielle, Ould Haidalla aurait offert aux «Cavaliers du changement », dénomination des putschistes en exil, 50 000 dollars. De son côté, Daddah aurait contribué à hauteur de 10 000 dollars alors que Ould Horma aurait donné environ 4,5 millions de FCFA (6 millions d’euros).
Les trois opposants avaient fermement démenti ces accusations qui circulaient à Nouakchott dès l’arrestation à Rosso du cerveau des putschs. Pour les opposants qui nient toute relation avec les Cavaliers du changement, l’accusation vise ni plus ni moins qu’à diaboliser l’opposition démocratique.
Interrogé mercredi sur l’affaire, le ministre mauritanien de la Communication, Hamoud Ould Abdi s’est contenté de dire que «personne ne doit se considérer au dessus de la loi ». Ould Abdi précise en outre que toute personne citée dans l’enquête doit être interrogée par la justice, laquelle demeure souveraine dans ses décisions.
L’enquête en cours s’est intéressée aussi aux milieux islamistes mauritaniens et à leur leader charismartique, Elhacen Ould Dedaw, qui était jusqu’à jeudi toujours interrogé au commissariat du quartier El Mina de Nouakchott. En tout, ce sont trois opposants islamistes qui ont été interpellés par la police pour «subversion», cela après la diffusion à grande échelle de photos montrant des scènes de torture, selon un communiqué de la police parvenu à l’AFP. La police mauritanienne nie tout en bloc, affirmant que les photos en question ont été fabriquées de toutes pièces à l’extérieur du pays afin de l’accuser de tortures et pour inciter les citoyens à la violence. Plusieurs sites Internet ont repris ces photos, ainsi qu’une chaîne arabe qui, loin de se contenter de la diffusion des images a cru bon d’ajouter qu’il s’agissant de « scènes de tortures à l’école de police de Nouakchott contre des civils impliqués dans le cadre des derniers putschs manqués en Mauritanie ». Lesdites photos montraient des personnes cagoulées, menottées et déshabillées, à l’exception de leurs sous-vêtements, mais pas de scènes de tortures proprement dites, a constaté l’AFP.
La télévision nationale mauritanienne ainsi que les médias officiels avaient pointé du doigt les islamistes. C’est dans cette atmosphère d’accusation et de contre-accusation que le commandant Mohamed Lemine Ould Elwaère, arrêté le 9 août dans le cadre d’une tentative de putsh présumée contre le président mauritanien Maaouiya Ould Taya, a été entendu mercredi par un juge et écroué à la prison de Wad Naga (50 km à l’est de Nouakchott), a-t-on appris de sources judiciaires. L’individu qui n’a pas bénéficié d’une liberté provisoire a été conduit à la prison de Wad Naga. Le commandant Ould Elwaère avait été l’un des premiers à avoir « reconnu », dans un enregistrement diffusé par les médias officiels, son implication dans le coup d’Etat qui « devait intervenir le 9 août, lors de la présence en France du Président Ould Taya pour les cérémonies marquant l’anniversaire du débarquement des alliés en Provence ». L’officier avait expliqué avoir agi en collaboration avec Saleh Ould Henenna, cerveau présumé de trois putschs manqués en 15 mois en Mauritanie et avait mis en cause la Libye et le Burkina Faso. Les prévenus incarcérés à Wad Naga dans le cadre des trois putschs présumés déjoués par le gouvernement sont au total 156, avec le commandant Ould Elwaère, selon leurs avocats.

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