Nucléaire : L’Iran attend plus de l’UE

« Nous n’avons pas vu venir d’incitations de leur part », a déclaré dimanche le porte-parole des Affaires étrangères, Hamid Reza Assefi, devant la presse, « ce que nous avons vu, c’est la correction d’erreurs passées, ce n’est pas une mauvaise chose, mais on ne peut pas appeler ça des incitations ». L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne tentent, depuis décembre, au nom de l’UE et par la voie diplomatique, d’obtenir de la République islamique des garanties qu’elle ne fabriquera pas la bombe atomique. Elles lui offrent en contrepartie une coopération nucléaire, technologique et commerciale et un dialogue politique et de sécurité. Les deux parties ont eu la semaine passée un quatrième tour de négociations qui n’a pas abouti, bien qu’approche la date à laquelle elles procèderont à une évaluation de leurs travaux et décideront de la suite à leur donner. Le comité conjoint de pilotage des négociations se réunira le 23 mars pour effectuer cette évaluation. « Evidemment, nous poursuivrons les négociations si nous sentons qu’elles vont donner un résultat, sinon nous réfléchirons différemment », a dit M. Assefi. Il a parlé de négociations « complexes et difficiles ». Mais, a-t-il ajouté, « aucune des deux parties ne veut que les négociations échouent ».
« Nous espérons que le comité de pilotage va corriger l’attitude des experts européens », a déclaré Ali Agha-Mohammadi, un porte-parole du Conseil suprême de la sécurité nationale à la radio d’Etat.
Selon lui, les chefs de la diplomatie des trois grands Européens et le Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères participeront à la réunion du comité. Européens et Iraniens ont « encore une petite divergence » sur les « garanties objectives » que les premiers réclament des seconds de la nature purement civile des activités nucléaires iraniennes, a déclaré M. Assefi. « Il n’est pas question dans la discussion d’une suspension permanente » de l’enrichissement d’uranium par les Iraniens, « les Européens savent qu’il s’agit là d’une exigence absurde », a-t-il dit. Pour les Européens, un renoncement permanent à l’enrichissement représente la meilleure assurance que l’Iran ne fabrique pas l’arme nucléaire. Les Iraniens ont suspendu l’enrichissement en novembre en gage de bonne volonté mais refusent d’entendre parler d’un renoncement durable. L’uranium, selon le taux d’enrichissement, peut servir de combustible à des centrales civiles ou entrer dans la confection de l’arme nucléaire. Les Etats-Unis, ennemis de la République islamique, ont consenti vendredi à une ouverture sans laquelle les négociations nucléaires semblent vouées à l’échec. M. Assefi a cependant rejeté une participation américaine directe aux discussions. « Des négociations avec les Etats-Unis ne sont pas à l’ordre du jour », a-t-il dit, une participation américaine aux tractations Iran-UE « ruinerait les négociations ». Le geste américain « ne représente pas un réel avantage économique et n’a pas beaucoup de valeur », a déclaré à la BBC Hossein Moussavian, porte-parole de l’équipe des négociateurs iraniens. « Pour montrer leur bonne volonté, les Etats-Unis doivent débloquer nos avoirs dans les banques américaines, lever les sanctions économiques contre l’Iran et mettre un terme à leurs agissements hostiles à l’Iran dans le monde et dans la région », a affirmé M. Moussavian. Il a réaffirmé l’exigence iranienne que les Occidentaux acceptent que l’Iran produise « au moins une partie » de son combustible nucléaire. « Dès lors nous pourrons mettre à l’ordre du jour une panoplie de mesures de confiance », a-t-il dit.

• Farhad Pouladi (AFP)

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