OCI : les USA doivent se retirer de l’Irak

Les orateurs qui se sont succédé au cours de la séance d’ouverture de la réunion de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), qui regroupe 57 pays, ont également exprimé à propos de la façon dont leurs pays sont traités depuis les attaques du 11 septembre aux Etats-Unis. La réunion doit préparer le sommet des chefs d’Etat de l’OCI, qui s’ouvre jeudi au milieu de strictes mesures de sécurité à Putrajaya, nouvelle capitale administrative de la Malaisie, au sud de Kuala Lumpur. Le ministre qatariote des Affaires étrangères, cheikh Hamad ben Jassem ben Jabr Al Thani, dont le pays est président en exercice de l’OCI, a affirmé que les pays musulmans devaient réclamer « un calendrier spécifique pour la fin de l’occupation » de l’Irak. Syed Hamid Albar, ministre des Affaires étrangères de Malaisie, prochain président en exercice de l’OCI, a affirmé pour sa part qu’il était nécessaire de « mettre fin au plus tôt à l’occupation étrangère » de l’Irak. « Les forces occupantes doivent travailler sérieusement sur un calendrier pour qu’un gouvernement démocratiquement élu soit instauré dans un laps de temps raisonnablement court » et les Nations Unies doivent jouer un rôle central, a-t-il dit. Des participants à la conférence ont cependant indiqué à l’AFP qu’une résolution sur l’Irak, qui sera soumise aux chefs d’Etat, n’entrerait pas dans les détails. La résolution devrait « proclamer l’attachement de l’OCI à l’indépendance, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Irak, appeler à remettre rapidement le pouvoir aux Irakiens et à mettre fin au plus vite à l’occupation », a indiqué un diplomate arabe. La question controversée de l’envoi par la Turquie, membre de l’OCI, de troupes de maintien de paix en Irak n’a pas été officiellement inscrite à l’ordre du jour, a-t-il indiqué. Cependant, la majorité écrasante des pays membres sont opposés à un déploiement de troupes turques sans mandat de l’ONU, a ajouté le diplomate. Les pays membres de l’OCI étaient par ailleurs en accord total sur une résolution condamnant Israël pour son raid contre la Syrie le 5 octobre et pour ses « agressions » contre les Palestiniens, selon le diplomate. « L’agression flagrante contre la Syrie, membre de l’OCI, doit être condamnée dans les termes les plus sévères et être considérée comme une provocation dangereuse », a dit Syed Hamid. Il a également condamé les incursions israéliennes dans les zones palestiniennes et appelé Israël à abandonner ses projets d’expulser ou de tuer le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat, estimant que son assassinat serait « clairement un acte de terrorisme d’Etat ». Le ministre malaisien a par ailleurs estimé que le monde musulman devait faire face à « d’importants défis » après les attaques terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Le secrétaire général de l’Organisation, qui rassemble plus d’un milliard de musulmans, Abdelouahed Belkeziz, a déclaré pour sa part que la réunion intervenait dans des circonstances « pleines de défis et de dangers sans précédent dans l’histoire contemporaine de la nation islamique ». « L’islam, lui-même, est accusé dans sa culture, sa civilisation et son discours. Les musulmans ressentent la frustration et l’impuissance alors que certains de leurs pays sont occupés, que d’autres sont soumis à des sanctions, qu’un troisième groupe est menacé et un quatrième accusé de parrainer le terrorisme », a-t-il dit.

Laurence Bartlett (AFP)

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