«On ne veut plus rêver, on veut vivre!»

Il est désolant de voir comment un grand pays comme l’Algérie a du mal à s’émanciper de la vieille garde politique qui le gouverne. Des vieux qui ne sont plus en phase avec les temps modernes et qui sont incapables de saisir l’ampleur des dangers qui guettent tout pays qui ne suit pas le rythme assez particulier du 21ème siècle et qui ne fait pas d’effort pour rattraper le train de la modernité.
Dimanche 18 octobre, tous ceux qui ont lu les déclarations du ministre algérien de l’Industrie et de la Promotion des investissements, Hamid Temmar, à l’occasion de l’inauguration du Salon «Alger Industrie-2009» ont été choqués par le discours qu’il a tenu. On dirait un ministre des années 1970. Ses propos rappellent très bien ceux de son ancêtre, Belaïd Abdeslam, ministre de l’Industrie et de l’Energie entre 1965 et 1977. Mêmes promesses d’introduire l’Algérie dans l’ère de l’industrialisation, même engagement à faire de l’Algérie un pays exportateur de produits de l’industrie lourde. «Le gouvernement a pris la ferme décision de mettre en place une industrie de l’automobile. Cela concernera l’automobile de grande consommation ainsi que les grands véhicules industriels et intermédiaires», a déclaré l’actuel ministre. Comme s’il suffisait de signer un décret gouvernemental pour industrialiser un pays. Et comme si le ministre avait lui-même senti que ses propos ne sont pas crédibles, il a ajouté: «nous (gouvernement) avons effectivement l’intention ferme d’avoir une industrie de l’automobile en Algérie». Cet «effectivement» ajouté dans la deuxième phrase est une manière de rassurer l’opinion publique algérienne que «cette fois-ci c’est la bonne». Par ailleurs, et comme les dirigeants algériens ont toujours tendance à calquer leur politique sur ce qui se passe au Maroc, les déclarations de M. Temmar ont mis en évidence une volonté de montrer que l’Algérie peut aller plus loin que ce que le Royaume a fait dans l’accord Renault-Tanger Med. «Il est possible qu’il y ait du montage automobile en Algérie mais cela ne se limitera pas à cette activité», a-t-il dit avant d’ajouter: «nous voulons des véhicules fabriqués au moins à hauteur de 30%, 40% ou 50% par un savoir-faire algérien qui émane d’entreprises de sous-traitance publiques ou privées».
Le problème avec ce genre de discours c’est qu’ils restent des promesses que personne ne tiendra. Les projets de M. Tammar connaîtront le même sort que ceux de M. Belaïd : ils alimenteront les colonnes des journaux aux ordres qui en feront de gros titres. C’est tout !
C’est dommage que le peuple algérien soit otage de ce genre de discours et que ses forces vives n’aient pas le courage politique suffisant pour dire «Ça suffit ! On ne veut plus rêver, on veut vivre».

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