P.O : Obstruction à la feuille de route

Israël a annoncé mercredi que 350 prisonniers palestiniens allaient être relâchés tout en maintenant son veto à la libération de détenus islamistes du Hamas et du Jihad, ce qui risque de mener, selon les Palestiniens, « le processus politique dans une impasse ». Cette décision sur un sujet très sensible a été prise par une commission interministérielle présidée par le Premier ministre Ariel Sharon deux jours avant la rencontre à Washington de son homologue palestinien Mahmoud Abbas avec le président George W. Bush. Le président américain doit également s’entretenir mardi prochain avec M. Sharon. A l’approche de ces visites, les médias israéliens ont fait état de pressions américaines en vue de la libération de plusieurs centaines de détenus, y compris des islamistes, en vue de renforcer les positions de M. Abbas au sein de l’opinion publique palestinienne. Selon la radio militaire, M. Sharon avait accepté l’idée de libérer 450 détenus, y compris plusieurs dizaines de membres des groupes radicaux le Hamas et le Jihad islamique. Mais les ministres d’extrême-droite et les « durs » du Likoud (le parti de M. Sharon) au sein de la commission chargée de ce dossier ont réussi à limiter le nombre de Palestiniens qui vont être relâchés à partir de la semaine prochaine à 350. La commission a également décidé de renvoyer devant le gouvernement le dossier concernant 100 autres détenus « appartenant à des organisations terroristes » en exigeant que de nouveaux critères pour les détenus libérables soient fixés, a ajouté la radio. La commission s’est ainsi bornée à confirmer une décision prise par le cabinet israélien le 6 juillet. « Nous entrons dans une énorme crise politique avec les Israéliens et cette décision va mener le processus politique dans une impasse », a averti le ministre palestinien chargé des prisonniers Hicham Abdel Razaq. Mardi, une rencontre entre le chef du Shin Beth (service israélien de sécurité intérieure) Avi Dichter et Abdel Razaq, sur la question des prisonniers s’était soldée par un échec. « La rencontre n’a donné aucun résultat. La partie israélienne a refusé de discuter avec nous de liste des libérables », avait déclaré le ministre palestinien. « La position palestinienne est que tous les détenus doivent être libérés et que les modalités de leur libération doivent être décidées conjointement par les deux parties, sans quoi il n’y aura pas de progrès dans le processus de paix », avait-t-il poursuivi. L’Autorité palestinienne réclame la libération des quelque 6.000 Palestiniens détenus par Israël. Le Hamas et le Jihad islamique, responsables de la plupart des attentats anti-israéliens, ont prévenu que si aucun prisonnier issu de leurs rangs ne retrouvait la liberté, ils mettraient fin à la trêve unilatérale de trois mois dans leurs attaques, décrétée fin juin. Interrogé par la radio militaire, M. Abel Razaq qui s’exprimait en hébreu a indiqué que M. Abbas allait discuter de trois dossiers en priorité avec le président Bush: « la levée du siége autour du président de l’Autorité Yasser Arafat, le prisonnier palestinien numéro un, la libération des détenus palestiniens et le démantèlement des barrages routiers israéliens en Cisjordanie ». Il faisait allusion au 19 mois de siége du quartier général de M. Arafat à Ramallah par l’armée israélienne. Sur le terrain, l’armée israélienne a arrêté près de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, deux activistes du Jihad islamique accusés d’avoir préparé un attentat-suicide en Israël. L’armée israélienne a également découvert une cache d’armes dans la vieille ville de Naplouse où se trouvaient une quinzaine d’engins explosifs, a indiqué un porte-parole militaire.

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