Parlement irakien : Enfin un président

M. Hassani a obtenu 215 voix sur 241 députés présents alors que le Parlement compte 275 sièges. Agé de 51 ans, ce sunnite originaire de Kirkouk (nord), est diplômé d’une université américaine et a dirigé une compagnie d’investissement à Los Angeles. Porte-parole du Parti islamique irakien (proche des Frères musulmans), qu’il a rejoint au début des années 1990, il est devenu ministre de l’Industrie du gouvernement d’Iyad Allaoui en juin 2004. Les deux vice-présidents sont le chiite Hussein Chahristani, un scientifique spécialiste du nucléaire emprisonné sous le régime de Saddam Hussein, qui a obtenu 157 voix, et Aref Tayfour, dirigeant du Parti démocratique du Kurdistan (PDK de Massoud Barzani) avec 96 voix. M. Hassani a demandé à toutes les confessions et ethnies d’Irak d’avancer "la main dans la main", pour "mettre fin à toutes les corruptions, financières et administratives, et mettre fin à tout jugement partisan", ou encore "faire face au terrorisme". Après la discussion de questions diverses, M. Hassani a déclaré que "l’ordre du jour de la prochaine session, qui aura lieu mercredi matin sera l’élection du Conseil présidentiel et le règlement intérieur de l’Assemblée nationale".
Le Conseil présidentiel, composé du chef de l’Etat et de deux vice-présidents, doit être élu par les deux tiers des députés. Cette instance doit choisir à l’unanimité le Premier ministre. Une fois choisi, le Premier ministre a deux semaines pour former le gouvernement, qui doit être approuvé à l’unanimité par le Conseil présidentiel. Interrogé sur la possible élection mercredi du Conseil présidentiel, le futur Premier ministre pressenti, Ibrahim Jaâfari, a dit être "optimiste" et a "souhaité que les pourparlers (pour la formation de l’exécutif) se fassent au rythme annoncé par l’Assemblée nationale". Auparavant, il s’était montré plus prudent, évoquant "un consensus sur les noms du président et du Premier ministre entre les deux principales listes", tout en soulignant qu’il y avait "encore des désaccords". Le favori pour le poste de chef l’Etat est le chef kurde Jalal Talabani, et le poste de vice-président dévolu aux chiites devrait revenir au ministre des Finances sortant, Adel Abdel Mehdi. La situation est plus complexe pour les sunnites, qui ont trois candidats déclarés pour le poste de vice-président leur revenant: le président sortant Ghazi al-Yaouar, le vieux politicien Adnane Pachachi et un descendant de la famille royale, chérif Ali. Par ailleurs, les violences se sont poursuivies à travers le pays, particulièrement à Mossoul (370 km au nord de Bagdad), où les explosions quasisimultanées de deux voitures piégées visant les forces américaines ont fait un mort et cinq blessés, selon des témoins et une source hospitalière. A Mossoul toujours, selon diverses sources, deux policiers et un civil ont été tués dans deux attaques lancées par des inconnus, et le corps d’un officier supérieur kurde de l’armée irakienne a été retrouvé. Par ailleurs, un policier a été tué et huit membres du réseau terroriste Al-Qaïda ont été blessés et arrêtés lors d’un raid dans la nuit de samedi à dimanche, à Baladrouz, à 20 km au nord de Bagdad, selon la police. Un civil a été tué et un autre blessé par l’explosion d’une bombe dimanche dans une cour d’école dans le quartier al-Ilam du sud-ouest de Bagdad, selon une source du ministère de l’Intérieur. Enfin, selon un communiqué de l’armée américaine publié dimanche, un Marine a été tué au combat samedi dans une explosion à Haditha (260 km au nord-ouest de Bagdad), ce qui porte à 1.528 le nombre de militaires américains tués en Irak depuis l’invasion de ce pays en mars 2003.

Kamal Taha et Salam Farra (AFP)

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