Parlement iranien : Exit les réformatrices

Le Parlement sortant, en place jusqu’en juin, compte 13 députées, toutes des réformatrices ou des indépendantes proches de ces dernières. Parmi elles, une seule reviendra au Majlis (Assemblée): Mehr-Anghiz Morovati, réélue à Khalkhal (nord-ouest).
Après le premier tour des législatives, elle a été rejointe par une conservatrice élue à Ispahan (centre). Selon les résultats partiels de Téhéran, deux des six candidates de la liste des Bâtisseurs (conservateurs) ont également des chances d’être élues dès le premier tour. Les six « bâtisseuses » pourraient entrer au Parlement.
En province, parmi les neuf candidates encore en lice au second tour, il y a huit conservatrices et seulement une réformatrice. Selon les projections, les députées conservatrices pourraient être une dizaine.
Difficile d’imaginer qu’elles se présentent devant leurs collègues masculins autrement que drapées dans le tchador dans lequel elles s’affichent sur leur matériel de propagande.
Ces quatre dernières années, certaines députées ont osé enfreindre une loi non écrite, selon laquelle toutes les femmes accèdant à des postes de responsabilité doivent porter le traditionnel tchador noir considéré par le pouvoir comme le « voile supérieur ».
Plusieurs d’entre elles l’ont abandonné pour un simple manteau, quelquefois de couleur bleue, et un foulard. Les députées réformatrices ont fait adopter une série de lois pour améliorer la condition des femmes. Après plusieurs années d’une âpre bataille, le Conseil de discernement, la plus haute instance politique du régime, a accepté une loi donnant à la mère la garde de l’enfant jusqu’à sept ans en cas de divorce.
Elles ont en revanche tenté en vain de faire adopter des lois pour permettre aux femmes de demander le divorce ou pour égaliser « le prix du sang » entre les deux sexes.
En cas de meurtre, « le prix du sang » (le dédommagement financier) vaut la moitié de celui d’un homme.
Les réformatrices ont également poussé leurs collègues parlementaires à voter l’adhésion de l’Iran à la Convention internationale contre la discrimination de la femme. Adoptée par le Parlement, elle a été rejetée par les organes conservateurs de contrôle constitutionnel.
« Cette convention est contraire à l’islam », a déclaré à l’AFP Nafisseh Fayazbakhsh, l’une des candidates des Bâtisseurs, avant les législatives. L’une des candidates conservatrices aux législatives actuelles avait, il y a quelques années, alors qu’elle était députée, proposé que les patients et les patientes soient soignés par des médecins de leur sexe au nom du respect de la charia (loi islamique).

• Farhad Pouladi (AFP)

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *