PO : L’Egypte se replace

Palestiniens et Israéliens ont accepté une initiative égyptienne prévoyant l’arrêt de la violence, la relance des négociations de paix et une rencontre entre les Premiers ministres Ahmad Qoreï et Ariel Sharon, a affirmé l’agence égyptienne Mena.
Le président Hosni Moubarak plaide depuis plusieurs semaines pour une reprise des contacts directs israélo-palestiniens afin de relancer les négociations de paix.
Le calendrier et les modalités d’application de l’initiative du président Moubarak seront au centre de la visite jeudi au Caire du ministre israélien des Affaires Etrangères, Sylvan Shalom, a-t-on indiqué de source égyptienne.
Cette initiative avait été exposée la semaine dernière au président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat et au Premier ministre israélien, Ariel Sharon, par le chef des services de renseignement égyptien, Omar Souleiman. Parmi les points délicats à discuter figure l’évacuation par Israël du couloir dit « de Philadelphie » à la frontière avec l’Egypte, dont une partie des habitations palestiniennes ont été détruites ces dernières semaines par l’armée israélienne. Selon Israël, des tunnels de contrebande d’armes avec l’Egypte traversaient ce couloir. M. Shalom, considéré comme un faucon du gouvernement israélien, avait effectué une visite en mars en Egypte, la première d’un ministre israélien depuis près de dix-huit mois, à la suite de laquelle il avait fait état d’un « nouveau départ » des relations entre les deux pays, liés depuis 1979 par un accord de paix. Israël craint une recrudescence des actes d’extrémistes palestiniens et l’installation d’un « chaos », en l’absence de forces de police palestiniennes organisées après son éventuel retrait de la bande de Gaza.
Le plan de retrait de la bande Gaza de M. Sharon, salué comme un pas positif par le Caire lors de son annonce, se heurte à l’opposition d’une majorité de ministres parmi lesquels M. Shalom, et n’a toujours pas reçu le feu vert du gouvernement.
Pour le Caire, le retrait doit s’inscrire dans le cadre de la Feuille de route, un plan de paix moribond parrainé par les Etats-Unis, l’Union européenne, la Russie et les Nations unies. Le président Moubarak a réaffirmé cette position lundi soir dans une conversation téléphonique avec M. Sharon.
L’Egypte s’est déclarée prête à dépêcher 150 à 200 officiers et experts du maintien de l’ordre dans la bande de Gaza pendant six mois pour organiser et entraîner une force palestinienne d’environ 30.000 hommes. Mais elle a subordonné son offre à l’approbation du plan Sharon par la Knesset et à l’engagement des deux parties, israélienne et palestinienne, que les instructeurs égyptiens ne deviennent pas une cible pour les protagonistes « sous quelque prétexte que ce soit ».
L’Egypte s’est déclarée prête, comme elle l’avait fait l’an dernier, à accueillir chez elle une nouvelle conférence des différents mouvements palestiniens pour finaliser un éventuel accord qui mettrait « fin à toute violence illégitime » contre Israël. Selon l’agence Mena, l’initiative égyptienne aurait été « accueillie positivement » par Washington, Londres, Paris, Berlin, Madrid et « d’autres capitales » qui, par ailleurs, ont promis d’apporter leur aide à l’équipement des forces palestiniennes pour leur permettre de maîtriser la situation sécuritaire dans la bande de Gaza.
Le groupe d’experts égyptiens demeurerait à Gaza par la suite et serait « soutenu par des experts et des observateurs internationaux », dont la mission serait de « surveiller et d’assurer le suivi » de l’arrêt des violences entre les deux parties », a aussi précisé Mena.

• Hassen Zenati (AFP)

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