Polémique autour des indemnités

La délégation a « rencontré la Fondation Kadhafi pour trouver une solution équitable » mais celle-ci « n’a fait aucune proposition de nature à répondre à cette attente », a fait savoir Guillaume Denoix de Saint Marc, président du collectif « Les familles du DC10 -UTA en colère », à son retour à Paris. « Il nous a semblé que ce blocage était dû au fait que nos interlocuteurs n’avaient pas de marge de manoeuvre pour prendre définitivement position. C’est la raison pour laquelle nous sommes rentrés à Paris. La balle est donc dans le camp libyen. » « Dans l’attente d’un traitement équitable, la levée des sanctions internationales contre la Libye doit être exclue », a-t-il ajouté dans un communiqué. La Fondation Kadhafi est dirigée par le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam. Les représentants des familles des victimes s’étaient rendus jeudi en Libye en demandant que les indemnités prévues pour l’attentat contre UTA soient revalorisées à l’aune de celles promises par Tripoli pour l’attentat de Lockerbie. « Nous demandons simplement la solidarité et l’équité », a souligné Guillaume Denoix de Saint Marc, qui a perdu son père dans l’attentat de 1989. « Dans ces conditions, nous lançons un appel solennel aux autorités britanniques et américaines ainsi qu’aux familles des victimes de Lockerbie pour qu’elles fassent preuve de solidarité vis-à-vis des familles des victimes du vol UTA. La délégation qui s’est rendue à Tripoli comprenait le collectif et l’organisation SOS Attentats. Elle a été reçue dès son retour de Tripoli par le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, qui a réaffirmé « son entier soutien » à son action, a indiqué le Quai d’Orsay dans un communiqué. Les représentants des familles ont fait part au ministre « des discussions et des difficultés actuelles » et « ont néanmoins marqué leur disponibilité à reprendre à tout moment les négociations », a ajouté le Quai d’Orsay. Le ministère a souligné que « les contacts se poursuivent avec la partie libyenne » et que le président Jacques Chirac « a appelé le colonel Kadhafi pour lui dire toute l’importance que la France attache au règlement de ce problème particulièrement douloureux pour les familles des victimes ». Dominique de Villepin a informé son homologue américain Colin Powell « de l’état de la situation » et doit avoir « un contact » lundi avec le secrétaire au Foreign Office, Jack Straw. La Grande-Bretagne a obtenu une compensation 2,7 milliards de dollars pour les familles des 270 victimes de l’explosion d’un Boeing 747 de la Pan Am au-dessus de Lockerbie (Ecosse) en 1988. La France a obtenu 34 millions de dollars pour les familles des 170 victimes du DC10 d’UTA, qui avait explosé en plein vol au-dessus du désert du Ténéré, au Niger, en septembre 1989. Londres a accepté de reporter à la semaine prochaine le vote du Conseil de sécurité de l’Onu sur la levée des sanctions contre la Libye pour donner à la France, qui a menacé d’opposer son veto, le temps d’obtenir de Tripoli une majoration de l’indemnisation des victimes du DC10.

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