Pour un lien plus étroit ONU-UA

« L’Afrique n’est pas dans les temps pour atteindre les objectifs de développement de la Déclaration du Millénaire. Mais elle peut atteindre ces objectifs, si le partenariat mondial promis depuis longtemps se mobilise totalement », a déclaré M. Annan. « La clef de ce succès sera la création d’une relation encore plus étroite entre les Nations unies et l’Union africaine », a-t-il ajouté. « L’Afrique a une part disproportionnée des pauvres dans le monde », a-t-il souligné, rappelant qu’en septembre prochain « tous les pays membres de l’Onu tiendront un sommet à New York pour examiner les progrès accomplis au cours des cinq ans écoulés depuis l’adoption de la Déclaration du Millénaire ».
Le quatrième sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA est officiellement consacré aux conflits qui déchirent le continent, notamment en Côte d’Ivoire, en République démocratique du Congo (RDC), au Soudan et en Somalie, et notamment à l’envoi de forces de paix. En marge du sommet, M. Annan a déclaré que la liste de l’ONU accusant 95 Ivoiriens, dont l’épouse du président, Simone Gbagbo, de graves exactions « sera remise à un procureur » mais ne sera pas publiée pour le moment. M. Annan avait, d’emblée, souligné le besoin d’une participation active des différents Etats dans l’envoi de forces de maintien de la paix en Afrique. « Quand la prévention échoue, les forces de maintien de la paix de l’Onu, dont des hommes et des femmes en uniforme en provenance de ce continent, ont prouvé à maintes reprises leur valeur en contribuant à mettre fin à des guerres civiles », a-t-il déclaré, ajoutant aussitôt que « l’apport mondial en effectif pour des forces de paix devient dangereusement bas ».
A la veille du sommet, le Conseil exécutif de l’UA avait décidé de repousser l’examen de la question de la représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’Onu, compte tenu du « désaccord patent » subsistant sur la question entre Etats membres, selon un observateur. Les ministres des Affaires étrangères, réunis au sein du Conseil exécutif, ont décidé que le dossier, préoccupation majeure de l’organisation, serait préparé par une commission spéciale de 15 pays. « Cette commission se réunira au Swaziland du 20 au 22 février, avant un Conseil extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l’UA à Addis Abeba début mars », a déclaré, samedi à Abuja, un responsable de l’UA, qui a requis l’anonymat. L’Afrique espère obtenir une représentation plus importante au sein du Conseil de sécurité de l’Onu. L’ancien président malien, Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l’UA, l’Exécutif de l’organisation panafricaine, avait appelé jeudi les Africains à « profiter de l’année 2005 pour jouer un rôle plus grand sur la scène internationale », à l’ouverture de la réunion du Conseil exécutif à Abuja.
Les chefs d’Etat et de gouvernement se pencheront également, lors du sommet, sur les conséquences des maladies telles que le Sida, la malaria ou la poliomyélite. Le chef de l’Etat nigérian, Olusegun Obasanjo, président de l’UA, avait appelé les représentants des 53 pays membres et observateurs à respecter une minute de silence à l’ouverture du sommet en mémoire des victimes du tsunami, en Asie.

• Emmanuel Goujeon
et Gérard Vandenberghe (AFP)

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