Premier meeting d’Abou Mazen

Le candidat du Fatah doit prononcer une allocution lors d’un rassemblement populaire prévu dans un stade de Jéricho, première ville de Cisjordanie à avoir accédé au régime de l’autonomie en 1994, après les accords d’Oslo. « Abou Mazen (nom de guerre de M. Abbas) entame aujourd’hui une vaste campagne populaire par un rassemblement à Jéricho qui doit être suivi dans les prochains jours par des meetings similaires dans les autres villes », a déclaré à l’AFP le porte-parole de sa campagne, Ahmad Abdelrahmane. Selon lui, outre les villes de Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, Abou Mazen se rendra dans la bande de Gaza, fief des radicaux du Hamas, mouvement qui a appelé ses partisans à boycotter la présidentielle du 9 janvier. « Le but de cette tournée est d’expliquer aux gens le programme du candidat du Fatah et mobiliser le plus large soutien populaire possible en sa faveur pour qu’il obtienne le plus grand nombre de voix », a-t-il ajouté. Selon des responsables de sa campagne, M. Abbas, 69 ans, doit se rendre mercredi à Tulkarem et Qalqiliya et jeudi à Jénine, trois villes du nord de la Cisjordanie.
De vendredi à lundi, il fera campagne dans la bande de Gaza avant de regagner la Cisjordanie où des visites sont prévues la semaine prochaine à Naplouse, Hébron, Bethléem ainsi qu’à Jérusalem-Est.
Considéré comme un modéré, M. Abbas, compagnon de route de Yasser Arafat, semble assuré, sauf surprise majeure, de remporter les élections, aucun des six autres candidats en lice n’étant en mesure de l’inquiéter. M. Abbas a pris le risque d’irriter les radicaux palestiniens et une partie de l’opinion publique en appelant à la fin de l’Intifada armée dans les territoires occupés pour permettre une reprise des négociations de paix avec Israël. L’un des principaux dirigeants du Hamas, Mahmoud Zahar, a réitéré dans un entretien publié mardi par un journal égyptien le rejet de son groupe de la « démilitarisation » de l’Intifada réclamée par M. Abbas, estimant que ce dernier « tente de se vendre à l’occident » par ses appels à abandonner les armes. Présidant une réunion du gouvernement à Ramallah, le Premier ministre palestinien Ahmad Qoreï a appelé les Palestiniens à participer en masse au scrutin du 9 janvier. « Nous appelons au nom du gouvernement tout notre peuple à participer à l’élection présidentielle », a déclaré M. Qoreï au début de la réunion. « Il s’agit d’une élection importante car elle s’inscrit dans un processus visant à réactiver nos institutions et combler le vide laissé par l’éternel leader Yasser Arafat », a-t-il ajouté. Il a formulé le souhait que l’élection « se déroule dans le calme pour que le peuple puisse choisir qui il veut comme président de l’Autorité ». Avant la réunion du cabinet, M. Qoreï s’était entretenu avec le président de la Commission électorale centrale (CEC), Hanna Nasser.
Les discussions ont porté « sur la propagande électorale à Jérusalem et les entraves (israéliennes), a affirmé M. Nasser à l’AFP. Un candidat indépendant à la présidentielle palestinienne, Moustapha Barghouthi, avait été interpellé lundi par la police israélienne à Jérusalem-Est et relâché au bout de trois heures.
Cette interpellation est intervenu au lendemain de la promesse faite par le gouvernement israélien de faciliter l’organisation du scrutin palestinien. Le cabinet avait toutefois prévenu que les Palestiniens ne pourraient mener une campagne électorale que dans des « lieux privés et non publics » à Jérusalem-est, occupée et annexée depuis juin 1967.

• Imad Abou Sounbol AFP

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