Quartier européen

Quartier européen

Un ressortissant espagnol est décédé samedi dernier à la prison civile de Tanger. Il purgeait une peine de 2 ans de prison pour trafic de drogue. Un événement douloureux pour les membres de sa famille. Perdre un être cher est toujours une épreuve très difficile. Mais apprendre qu’il est décédé au fond d’une cellule de prison à des centaines de kilomètres, loin de chez lui, cause, certainement, une peine insupportable. Ce doit être le cas pour la famille de feu Francisco Chasco Cabezon. Cet homme de 47 ans, natif de Pamplona, est décédé, selon les causes officiellement établies, d’une maladie dont il souffrait depuis longtemps. Sa famille affirme qu’il s’agit d’une otite non soignée. Elle aurait donné lieu à une infection grave, ce qui a entraîné sa mort, dans sa cellule. Cette famille accuse de ce fait les autorités pénitentiaires marocaines de négligence. Ce que réfutent ces dernières, indiquant que le défunt avait bénéficié d’un traitement à l’hôpital public de Tanger où il avait été hospitalisé conformément au règlement des centres pénitentiaires et aux procédures habituelles. La procédure veut  qu’un détenu soit immédiatement hospitalisé si sa maladie nécessite un traitement demandant des moyens supérieurs à ceux dont dispose l’infirmerie de la prison où il purge sa peine. Cette version a été constatée par les services consulaires espagnols en poste à Tanger. Ce qui rend leur silence face aux accusations de la famille assez surprenant.
Si la position de la famille est compréhensible vu l’ampleur de leur chagrin, il est, toutefois, difficile de comprendre l’attitude de la presse espagnole dans cette affaire. La plupart des correspondances ayant fait état de cette affaire, donnent une image du traitement réservé aux détenus espagnols dans les prisons marocaines qui ne correspond pas à la réalité.
D’abord, ils bénéficient de privilèges qui ne sont pas accordés aux détenus locaux. Dans la prison de Tanger, à l’instar des autres centres pénitentiaires marocains, ils disposent d’un «quartier européen» où le nombre d’habitants au mètre carré est nettement inférieur à celui des autres pavillons. En plus, les conditions de confort sanitaire et alimentaire sont meilleures. Et, généralement, ils n’accomplissent pas la totalité de leurs peines puisque le Souverain, conformément à une tradition ancestrale des Sultans alaouites de clémence envers les détenus étrangers sur le sol marocain, leur accorde, des grâces. Cela arrive de temps en temps, comme ce fut le cas en 2003 où tous les détenus étrangers ont bénéficié de la sollicitude royale.
Aussi, dire dans la presse espagnole, que 130 ressortissants espagnols sont détenus, aujourd’hui, dans des conditions inhumaines à Tanger, est une attitude qui est tout simplement malhonnête.

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