Quatre ans pour consolider les relations entre le Maroc et l’Espagne

Le Parti socialise ouvrier espagnol (PSOE) a remporté les élections législatives. Son candidat à la présidence du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero a été investi de la confiance des citoyens espagnols pour une nouvelle législature. Son adversaire, le candidat du Parti populaire (PP), Mariano Rajoy, essuie son deuxième échec électoral consécutif après la défaite du 14 mars 2004. L’écart entre les deux partis est resté exactement le même que lors des précédentes législatives. On remarque ainsi que les deux partis ont obtenu, chacun, cinq sièges de plus au Congrès des députés (la première Chambre du Parlement espagnol). Le PSOE est passé de 164 à 169 députés alors que le PP a décroché 153 sièges alors qu’il avait 148 lors de la législature qui vient de se terminer.
Cette évolution des deux partis avec le maintien du même écart est désormais un chantier de réflexion et d’analyse pour la classe politique espagnole toutes tendances confondues. Analyser les deux élections de 2004 et 2008 est nécessaire pour définir ce que l’on peut appeler, d’ores et déjà, la nouvelle carte politique espagnole. Une carte qui rompt avec la composition du paysage politique tel qu’il s’est toujours présenté, depuis l’adoption de la Constitution démocratique en 1978.
La réduction de la représentativité des petits partis et des partis dits nationalistes au profit des deux grands partis nationaux, PSOE et PP, est un fait, qui a été détecté en 2004 et qui s’est consolidé en 2008. Il s’agit donc d’une nouvelle tendance au sein de la société espagnole. Une tendance à privilégier les partis nationaux au détriment des sensibilités nationalistes. La volonté des citoyens de conforter l’Etat espagnol en dépassant les réflexes régionalistes se voit clairement dans les résultats des élections du 9 mars 2008. Qu’un parti comme Esquerra republicana de Catalogne (ERC) dont le nationalisme est synonyme de l’indépendantisme le plus radical en Espagne voit sa présence au Parlement baisser de 8 à 3 sièges, cela signifie que les Espagnols sont conscients de l’intérêt qu’ils ont à dépasser leurs sensibilités nationalistes et à consolider les liens qui les unissent tous et qui font la force et l’importance de l’Espagne comme Etat. Mais, cela ne signifie guère radicaliser le discours anti-nationaliste comme le fait la droite. C’est l’un des messages que les électeurs ont voulu transmettre le dimanche 9 mars. Le discours actuel du PP a fait le plein. Il ne pourra pas aller au-delà de ce qu’il a obtenu. La plus grande mobilisation a donné ce qu’elle a pu donner. Mariano Rajoy et la coupole dirigeante du PP en sont désormais conscients. Changer de discours s’impose. Aussi, et vu que les deux partis ne sont séparés que par une marge de 3% des voix, l’avenir politique de chacun d’entre eux réside dans sa volonté d’opérer un léger virage pour s’aligner sur quelques idées de l’autre. Zapatero l’a laissé entendre dans le discours qu’il a prononcé juste après la proclamation de la victoire de son parti. Il a promis à tous de corriger ses erreurs et d’éviter «la crispation» de la vie politique. Rajoy, lui, lors de son discours après l’annonce des résultats est apparu comme un homme politique en fin de parcours. Partir pour lui n’est plus tributaire que de l’élaboration d’un bon plan d’évacuation. Avec son départ, l’Espagne a décrété la fin de l’Aznarisme. 


Quatre ans pour consolider les relations entre le Maroc et l’Espagne


Au Maroc, le maintien au pouvoir du parti socialiste ouvrier espagnol signifie que les relations bilatérales vont pouvoir se développer davantage. Les mécanismes de dialogue politique installés dès l’arrivée de José Luis Rodriguez Zapatero sont déjà bien rodés. Ils devront, maintenant, fonctionner à plein régime pour lutter contre toutes les sources de fragilité des relations bilatérales. Que les deux pays soient assujettis aux aléas politiques dans la gestion de leurs relations bilatérales est une source de faiblesse contre laquelle il faut désormais lutter. Pour le Maroc comme pour l’Espagne, les quatre années à venir doivent servir à consolider les acquis et oser aborder les sujets tabous pour éviter de le faire en situation de crise. Parler des deux présides occupés ne peut pas attendre éternellement. Il est dans l’intérêt de l’Espagne – mais aussi du Maroc – de lancer les fondements d’un débat sur l’avenir de ces deux enclaves en période de sérénité que de se voir contraints à le faire en état de crise et au cœur d’une tension.

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