Rapport accablant de l’ONU sur l’Algérie

L’Algérie n’en finit pas avec les rapports très critiques des institutions internationales. Après les différents rapports peu reluisants de la Banque mondiale, voilà que la plan cadre des Nations Unies pour la coopération au développement (UNDAF) pour la période 2002-2006 dresse, à son tour, un constat alarmant de la situation du pays. Ce rapport relève que les analyses et les informations recueillies sur divers secteurs, notamment la santé, l’emploi, la situation des femmes et celle des enfants, dénudent une crise multiforme. Une crise qui a eu pour effet «le retournement des indices de pauvreté, qui, alors qu’ils évoluaient continuellement de façon positive au cours des deux premières décennies de l’indépendance, ont repris un cours significatif d’une aggravation de la situation de certaines couches de la population». Le rapport expose à titre d’exemple l’élargissement très significatif des écarts des revenus allant de 1 à 10. Cette situation dénote «l’érosion de la classe moyenne qui avait commencé à se constituer au cours des deux premières décennies de l’indépendance». Le rapport affirme également l’existence de deux fois plus de pauvreté dans les campagnes que dans les villes. Allant plus dans le détail, l’exposé de l’UNDAF analyse le système de santé algérien. Il relève la malnutrition des enfants, les fortes disparités régionales en matière de santé et l’augmentation sensible des maladies non transmissibles liées à l’environnement, au mode de vie et à l’allongement de l’espérance de vie. Somme toute, «le système nationale de santé assure une couverture satisfaisante de la population mais pose des problèmes d’organisation, de gestion et de coûts». Quant au volet éducation, le rapport note un retour de l’illettrisme dû au fort taux de «déperdition scolaire qui caractérise le système scolaire algérien, de l’ordre de 500 000 élèves par an, sachant que 1,6 million d’enfants entre 6 et 16 ans étaient, en 1999, hors du circuit scolaire» . Allant plus dans le détail de la situation des enfants, on relève une détérioration relative s’inscrivant dans le cadre d’une régression globale des indicateurs socioéconomiques du pays. «Cette situation est aggravée par les traumatismes physiques et psychologiques liés à toutes les formes de violence qui posent un problème relevant de la santé publique et la tendance au développement de formes de travail et de mendicité par les enfants comme effet de la dégradation des revenus, des conditions de vie et du développement de la pauvreté.» En matière d’environnement, le rapport n’est pas plus clément. Il dénote une tangible dégradation. «La dégradation de l’environnement, notamment urbain et la régression des écosystèmes sont aujourd’hui visibles à l’oeil nu.» La pollution de l’eau de surface et souterraine, celle du littoral marin, les fortes charges chimiques déversées dans l’atmosphère, l’accumulation des déchets toxiques industriels et quelquefois des hôpitaux, la prolifération des décharges et dépotoirs non contrôlés à la périphérie des agglomérations sont autant de problèmes majeurs qui ne trouvent toujours pas de solutions. Cet état des lieux constitue «des problèmes majeurs pour la santé publique et met en danger le développement durable malgré les tentatives de normalisation entreprises par les pouvoirs publics notamment dans le cadre de la concrétisation des engagements internationaux pris en la matière». Pour pallier ces carences pour le moins alarmantes, le système des Nations Unies propose un plan cadre portant sur quatre objectifs stratégiques : le renforcement des ressources humaines, l’appui aux réformes de l’économie et de la société, la préservation de l’environnement et des ressources naturelles ainsi que la réduction de la pauvreté.

Ghada HAMROUCHE (Le Matin, Alger)

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