Régionales : Un test pour la majorité

Sur les 22 régions de France métropolitaine, la gauche en préside 8. Elle espère en gagner de nouvelles, en particulier Poitou-Charentes (centre-ouest), ancien fief du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.
Traditionnellement, ce type d’élections locales favorisent plutôt l’opposition, le rôle des régions étant essentiellement limité aux questions d’infrastructures et d’éducation, tandis que l’électorat peut exprimer, sans grands risques, sa déception ou sa colère face aux difficultés sociales grandissantes.
Depuis le dernier scrutin de 1998, où cinq présidents sur quatorze de la majorité avaient été élus avec les voix de l’extrême-droite -ce qui semble inconcevable en 2004 -le paysage politique a changé. Jacques Chirac a été élu en 2002 avec plus de 82% des voix contre le dirigeant d’extrême-droite Jean-Marie Le Pen, qui avait devancé au premier tour le Premier ministre socialiste sortant Lionel Jospin. Mais, sonnée, la gauche entend se ressaisir, et profiter à plein de cette occasion qui pourrait être la seule, avec les élections européennes de juin, avant celles présidentielles et celles législatives de 2007, pour montrer des signes de santé. Un sondage publié mercredi peut l’encourager puisque, selon l’étude TNS-Sofres réalisée pour LCI-RTL-Le Monde, sept Français sur dix souhaitent « sanctionner le gouvernement ». Pour ce scrutin à deux tours, la gauche comme la majorité n’apparaissent toutefois pas unies et M. Raffarin s’emploie à minimiser l’importance du résultat au plan national.
Ainsi, l’UDF, composante centriste et souvent frondeuse de la majorité, présentera des listes au premier tour dans seize régions.
Son chef de file François Bayrou, très critique envers le gouvernement, se présentera en Aquitaine (sud-ouest), fief du président de l’UMP (Union pour un mouvement populaire, chiraquien, ultramajoritaire), Alain Juppé. En Ile-de-France, l’ancien social-démocrate André Santini portera les couleurs centristes contre le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé.
Certes, une fusion s’opèrera au second tour, mais cette compétition, féroce et inattendue, est mal ressentie à l’UMP. A gauche, les situations varient beaucoup plus d’une région à l’autre, les communistes partant le plus souvent seuls à la bataille. Le premier secrétaire du PS, François Hollande, l’a déploré, le 3 mars. « Il n’y a pas de victoire possible pour la gauche, ni au moment de ces élections régionales ni à l’échéance de celles présidentielles qui viennent et celles législatives qui suivront, si la gauche n’est pas unie, rassemblée », a-t-il prédit. De bons scores du Front national au premier tour, malgré l’inéligibilité de M. Le Pen lui-même en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (sud-est) que la droite unie espère reconquérir, peuvent entraîner au second tour, le 28 mars, des « triangulaires », généralement avantageuses pour la gauche. Mais d’un autre côté, l’extrême-gauche, souvent créditée de près de 10% au premier tour, peut faire ombrage à la gauche traditionnelle.

• Jean-Michel Cadiot (AFP)

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