Responsabilité et maturité

La fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ) et le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) ont décidé de créer une commission conjointe chargée de mettre en œuvre un plan d’action visant à sortir le secteur de la presse de la crise dont il souffre. Dans un communiqué rendu, public, hier, mercredi, (voir page 4) les deux corporations ont rappelé leur volonté commune d’assumer leur responsabilité à l’égard des acteurs du secteur et de la société en prenant l’initiative d’œuvrer à la mise en œuvre d’un plan de mise à niveau de la profession conformément aux principes des droits de l’homme et de la liberté de la presse. Le plan d’action que la commission conjointe devra exécuter se base sur quatre points. Le premier point concerne la poursuite des efforts visant à parvenir à une réforme du Code de la presse. Le deuxième axe de travail consiste en l’évaluation de tout ce qui a été fait individuellement ou collectivement, jusqu’à présent, pour la rédaction de chartes déontologiques et de procéder à une actualisation desdits textes. Troisièmement, la révision de la convention collective de manière à y intégrer les règles de déontologie. Le dernier point concerne l’engagement d’une réflexion sur toutes les propositions susceptibles de promouvoir l’entreprise de presse et sa modernisation. Le communiqué de la FMEJ et du SNPM annonce que la commission conjointe entamera ses travaux incessamment.
L’initiative conjointe des deux organisations représentant le secteur intervient à un moment où la scène médiatique marocaine traverse de graves turbulences qui menacent le processus de développement et de modernisation qu’elle a entamé depuis la signature du Contrat-Programme avec le gouvernement Driss Jettou. Mais, le communiqué conjoint révèle que le secteur de la presse écrite est arrivé à maturité, malgré toutes les difficultés endogènes et exogènes dont il souffre, et qu’il est capable, aujourd’hui, de se pencher sur ses problèmes et de les régler tout en préservant ses acquis en matière de liberté d’expression.
La machine est donc enclenchée. Mais, le risque qu’elle tombe en panne persiste. Et le plus grand danger qui menace cette initiative d’autorégulation demeure l’intervention d’éléments extérieurs qui risquent de perturber son fonctionnement et de polluer son environnement. La multiplicité des intervenants et l’ingérence avérée de certains milieux extérieurs sont de nature à mettre en péril la démarche, sans précédent, responsable et constructive de la FMEJ et du SNPM.

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