Sahara marocain : L’appel de Paris

« Le dialogue entre ces deux pays sera très utile et fondamental, nous l’encourageons », a déclaré M. Barnier lors d’une conférence de presse aux côtés de son homologue algérien, Abdelaziz Belkhadem.
Tout en soulignant que le Maroc et l’Algérie « n’avaient pas besoin de tuteurs ou de tutelle » pour dialoguer sur le Sahara, M. Barnier, qui était à Rabat les 30 et 31 mai, a « constaté une très grande disponibilité de part et d’autre pour continuer le dialogue et lui donner un nouvel élan ».
De son côté, M. Belkhadem a déclaré que l’Algérie était « déterminée à aller de l’avant » sur ce dossier. « C’est un problème de décolonisation, a-t-il déclaré en rappelant la position traditionnelle d’Alger. Il s’agit de respecter le droit des peuples à l’autodétermination ».
« L’Algérie est disposée à aider à trouver une solution politique pour peu que celle-ci respecte le droit du peuple sahraoui à l’autodertermination », a souligné le chef de la diplomatie algérienne. « Il est vital de développer nos relations avec le Maroc », a-t-il reconnu.
La visite de M. Barnier à Alger intervient à la veille de celle du chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, qui s’est rendu au Maroc en avril et qui devrait évoquer ce conflit avec le président algérien Abdelaziz Bouteflika. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a estimé dimanche que son pays et la France devraient définir « conjointement une stratégie à l’égard de l’Afrique du Nord », afin que « le message reçu à Alger, Rabat et Tunis soit le même, qu’il vienne de Madrid ou Paris ». Il a ajouté que « pour que l’unité du Maghreb se fasse, il faut résoudre le problème du Sahara ».
Madrid soutient traditionnellement l’idée d’un référendum et le droit des Sahraouis à l’auto-détermination, tandis que Paris, plus proche de la position marocaine, appelle à une solution politique par le biais des négociations directes entre les deux pays, tout en rappelant l’importance du cadre onusien. Interrogé sur la déclaration de M. Moratinos, M. Barnier a répondu que les pays du Sud de l’Europe « vont en effet ensemble mutualiser davantage » leurs politiques vis-à-vis du Maghreb.
« C’est comme cela que nous sommes plus efficaces », a-t-il ajouté, tout en se voulant prudent et en précisant que les relations euro-méditerranéennes « ne se résument pas à la question du Sahara ».
M. Belkhadem a rappelé que l’Algérie « regrettait » la démission, présentée le 11 juin, de l’envoyé de l’Onu pour le Sahara depuis 1997, James Baker. Preuve du chemin qui reste à parcourir, le ministre marocain des Affaires étrangères, Mohamed Benaïssa, avait estimé le 12 juin que cette démission était due à la « ténacité » de la diplomatie marocaine.
L’Onu a soutenu le « plan Baker » qui préconise une période d’autonomie de 5 ans avant un référendum d’autodétermination sur le sort du sahara marocain. Rabat a rejeté cette perspective qu’elle considère comme « obsolète » et proposé une « large autonomie définitive », dans le cadre de la souveraineté marocaine.

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