Sahara : Seule une solution politique…

Lors de ce débat, organisé conjointement par le Council On Foreign Relations (CFR), un institut américain de renom spécialisé dans les études de politique internationale et l’American Moroccan Institute (AMI), un institut de recherche et de promotion des échanges culturels entre les Etats Unis et le Maroc, le Dr.Akharali Thobhani, professeur au département des études africaines et proche orientales à l’université du Metropolitan State College de Denver, au Colorado, a déclaré qu’une solution politique était « l’issue la plus réaliste », le référendum étant maintenant « une question révolue » et la poursuite des hostilités « un exercice futile ».
Le Pr. Thobhani, qui a séjourné dans la région pour s’informer sur place des tenants et aboutissants du conflit, a mis en relief les « grandes transformations » que les provinces du Sahara ont connues depuis leur retour à la mère patrie, à travers les investissements effectués dans le territoire pour sa promotion sociale comme pour son développement économique. Il a, entre autres, cité le nombre d’établissements scolaires, d’hôpitaux et de logements construits au profit de la population des territoires.
Les infrastructures réalisées pour le développement économique du Sahara font que Laâyoune, Dakhla, ou Smara, autrefois de simples bourgades, sont devenues aujourd’hui des centres urbains et des pôles économiques prospères qui rappellent les anciens grands carrefours commerciaux du Sahara, a-t-il dit. La récupération par le Maroc de ses provinces sahariennes n’est pas motivée par les ressources du territoire, mais par la réunification des populations du nord et du sud du Royaume après leur séparation par la colonisation, a, par ailleurs, indiqué le Pr. Thobhani, rappelant la légitimité des revendications marocaines et les liens historiques unissant les tribus du Sahara au Royaume. Le Maroc ne pouvait se désintéresser de son Sahara, même si ce territoire ne contenait pas de ressources, a affirmé le Pr. Thobhani. Intervenant à son tour, le Pr. William Zartman, directeur du programme de gestion des conflits à la faculté études internationales de l’Université Johns Hopkins, a d’abord rejeté la thèse colportée par les adversaires de l’unité du Royaume selon laquelle la question du Sahara était similaire à celle du Timor Oriental.
Le problème du Timor Oriental est lié à des différences ethniques et religieuses et concerne une population dont l’effectif est important, alors que ces problèmes ne se posent pas concernant le Sahara, dont le statut s’apparente plutôt à celui d’Ifni et de Tarfaya, deux zones d’ailleurs rétrocédées plus tôt au Royaume dans le cadre du parachèvement de son intégrité territoriale. Expliquant les particularités du conflit, le Pr. Zartman a également mis l’accent sur le rôle joué par l’Algérie dans le problème du Sahara, jugeant, d’autre part, «curieux» l’appui exprimé récemment par ce pays à une proposition inconcevable, celle d’une partition du territoire. Notant aussi qu’en droit international « la notion d’autodétermination peut signifier plusieurs choses et non pas seulement le référendum », il a souligné à son tour l’importance d’un règlement politique pour une solution définitive du conflit.
Le débat, auquel ont assisté des responsables de l’organisation des Nations unies, des diplomates de divers pays accrédités auprès de l’ONU, dont l’ambassadeur Mohamed Bennouna, représentant permanent du Maroc auprès de l’Organisation, ainsi que le dr. Mokhtar Ghambou, président de l’AMI, le Dr. Princeton Lyman, directeur des études africaines au CFR et des représentants des milieux académiques et des médias, a été marqué par un exposé factuel sur les différentes étapes du conflit fait par Mme. Annan Theofilopoulou, haut responsable de l’ONU.
L’assistance a en outre pu s’informer de la légitimité des revendications du Maroc sur les territoires du Sahara, à travers un dossier présenté par le Pr. Bernard Lugan, de l’université de Lyon, soulignant d’emblée le véritable dépeçage dont le Maroc fût victime lors de la colonisation de l’Afrique du nord par les puissances coloniales.

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