Santé : la stratégie du chantage

Une véritable prise d’otages. C’est ce que vivent les personnels de la santé, mais surtout les malades qui se retrouveront de nouveaux livrés à eux-mêmes et à leurs maux. Le début de cette semaine a été l’occasion de l’annonce de deux mouvements de débrayage. Depuis hier mardi 22 novembre 2001, le Syndicat indépendant des médecins du secteur public a enclenché une grève de trois jours. La veille, ce sont les cinq grands syndicats qui annonçaient un débrayage pour les 29 et 30 novembre. Des décisions, qualifiées de prises à la légère par plusieurs observateurs, qui interviennent au moment où le gouvernement maintient la porte ouverte du dialogue notamment avec une autre réunion prévue prochainement avec le Premier ministre.
Jusque-là, tout allait pour le mieux et l’on s’attendait à ce que perdure l’accalmie qui a marqué ces dernières semaines. Il n’en sera rien. Gouvernement et grands syndicats s’étaient mis d’accord sur une programmation progressive pour la satisfaction des revendications des personnels de la santé et qui prend en considération les moyens et les contraintes budgétaires. Ainsi, un accord de principe a été donné pour procéder par priorités selon une enveloppe de 200 millions de dirhams étant donné qu’il s’agit en fait d’un passif de quarante ans qui ne pourrait être «apuré» du jour au lendemain. C’était, entre autres, l’avis de la CDT. Sauf que les surenchères, notamment autour des revendications des médecins, «embrasent» la concurrence entre syndicats avec le nouveau venu de Mohammadine Boubekri (Syndicat indépendant des médecins du privé). Ce dernier, reçu à deux reprises par le ministre Mohamed Cheikh Biadillah, s’estime mis à l’écart au profit des autres syndicats (CDT, FDT, UGTM, UMT et FNMT), d’où sa décision de faire volte-face en décidant une grève de trois jours. Les autres syndicats, ne voulant pas être «doublés» par le «petit dernier arrivé» font de même et anticipent en annonçant un débrayage de deux jours, la semaine prochaine.  La déontologie syndicale veut que les grèves soient suspendues du moment que le dialogue est engagé et que la concertation n’a pas dit son dernier mot. C’est cette philosophie qui a poussé les cinq grands syndicats de la santé à revenir sur la décision de faire grève les 9 et 10 novembre 2005.
Faut-il rappeler à ce propos que deux revendications ont été satisfaites, dernièrement, pour la catégorie des médecins. Il s’agit de la prime de spécialité qui est passée du simple au double (2.500 à 5.000 DH) et de l’accord de principe pour la création du grade de «médecin général».
Le volet revendicatif des syndicats de la santé inclut, entre autres, des primes de garde, d’astreinte, de responsabilité et de spécialité en plus d’un statut pour les infirmiers et l’équivalence du doctorat en médecine avec le doctorat national. Le Premier ministre devait recevoir, lundi 21 novembre 2005, les syndicats de l’enseignement pour une deuxième réunion. Cette dernière n’a pas été tenue vu les engagements de Driss Jettou en relation avec la visite du chef du CMJD mauritanien au Maroc. Cette réunion est programmée, apprend-on de source syndicale, pour jeudi 24 novembre 2005. A moins que, d’ici-là, les syndicats de l’enseignement ne décident, à leur tour, de quelques jours de débrayage…

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