Satellite espion israélien

Israël a mis avec succès en orbite un satellite espion qui lui permettra d’observer en particulier le Proche-Orient et d’anticiper ainsi les éventuels mouvements militaires de ses ennemis déclarés. « Depuis mardi, il n’existe plus aucun point du Proche-Orient qui échappe à l’oeil du satellite espion », titre en une du quotidien Yédiot Aharonot, qui souligne qu’Israël fait partie du « club très restreint de l’espionnage spatial auquel appartiennent aussi les Etats-Unis, la Chine et la Russie ».
Les spécialistes israéliens ont déjà pris contact avec le satellite d’observation Ofek 5 (horizon, en hébreu) qui commencera à fournir des images dès vendredi. Le satellite, qui effectue une rotation autour de la terre toutes les 90 minutes, fournira des photos sur les mouvements de troupes, déplacements de batteries de missiles ou constructions de sites nucléaires, ont indiqué des experts militaires au quotidien Maariv. Il pourra fournir des photos d’objets de moins d’un mètre de longueur prises à 450 kilomètres d’altitude.
En outre, soulignent les spécialistes, il est le seul satellite au monde lancé dans le sens contraire à la rotation du globe, d’Est en Ouest, afin que ses éventuels débris s’abiment en mer et non en territoire arabe en cas d’accident. Le lancement de ce satellite est intervenu alors que l’Iran a effectué la semaine dernière un test réussi du missile Chahab-3 d’une portée de 1.200 km, capable d’atteindre pratiquement tout le territoire israélien. Le ministre israélien de la guerre Binyamin Ben Eliezer, qui a estimé que l’Iran aura la capacité nucléaire à l’horizon 2005, a lancé dimanche une mise en garde contre la « menace iranienne ». « Nous mettons en garde une nouvelle fois contre le programme d’armement iranien qui constitue non seulement une menace pour Israël mais pour toute la région », a-t-il affirmé. « Nous savons que le dernier essai de missile a réussi et c’est très inquiétant », a de son côté déclaré le chef de la diplomatie Shimon Peres.
D’une hauteur de 2,3 mètres et d’un diamètre de 1,2 mètre, Ofek 5 pèse 300 kilos et est entièrement fabriqué en Israël. Il remplace Ofek 3, lancé en avril 1995 et dont la mission s’est achevée en janvier 2001. En janvier 1998, Israël avait secrètement lancé Ofek 4, mais ce dernier ne s’est pas mis en orbite à la suite d’une défaillance technique qui a entraîné sa destruction. Avec une durée de vie de quatre ans, Ofek 5 pourra photographier seize fois par jours toute région du monde.
Ce satellite représente un atout de taille pour les renseignements militaires israéliens, alors que l’Etat hébreu risque de faire les frais d’une éventuelle attaque américaine contre l’Irak, option toujours d’actualité sur l’agenda de Washington. Pendant la guerre du Golfe, en 1991, 39 missiles sol-sol irakiens ont été tirés contre le territoire israélien, faisant deux tués et d’importants dommages.
Désormais, souligne la presse israélienne, grâce au nouvel satellite « si Saddam Hussein décide de prendre le petit déjeuner dans la cour de son palais, Ofek 5 pourra distinguer la table sur laquelle on lui a servi son repas ». « Israël a ainsi renforcé sa capacité de dissuasion contre des dangers menaçant son existence », souligne l’expert militaire Zeef Schiff. Mais, souligne-t-il, en dépit de ces succès stratégiques, Israël n’a toujours pas réussi à trouver une solution efficace pour parer aux attentats suicide palestiniens.

• Calin Neacsu (AFP)

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *