Sebta : un drôle de notable

Les présidents des conseils des deux villes marocaines sous occupation espagnole, Sebta et Mellilia, se réuniront le mardi 7 février à Madrid pour mettre en place la stratégie commune qu’ils envisagent d’adopter face au gouvernement central. Juan Vivas et Juan José Imbroda, respectivement présidents des gouvernements de Sebta et Mellilia, cherchent ainsi à ne pas baisser la pression sur le président du gouvernement socialiste, José Luis Rodriguez Zapatero, sur le dossier des deux présides occupés et le pousser à s’impliquer de plus en plus dans des prises de position qui pourraient remettre en cause le bon climat qui règne actuellement sur les relations entre le Maroc et l’Espagne.
Pour Vivas et Imbroda, qui sont tous les deux du Parti Populaire (PP), la visite effectuée, la semaine dernière, par le chef du gouvernement central aux deux villes, a été l’occasion pour sortir tout l’art de la manigance et de la désinformation où excelle la droite espagnole. L’objectif étant de discréditer le chef de l’exécutif espagnol. C’est dans le cadre de ces manœuvres que l’on peut placer le fait que le président de la ville autonome de Sebta ait présenté une notabilté locale étroitement liée aux réseaux intégristes proches d’Al Qaïda au chef de l’exécutif central. Ce fût à l’occasion d’une cérémonie organisée, le premier février au siège de la délégation du gouvernement, afin de présenter à M. Zapatero les représentants des "quatre cultures" de la ville occupée de Sebta. Certaines personnes participant à la cérémonie ont été étonnées de voir  figurer parmi les personnes présentées par Juan Vivas au chef du gouvernement socialiste une personne connue sous le nom de Ahmed Lyazid. Ce dernier, présenté comme étant un des notables de la communauté musulmane, s’appelle en fait Ahmed Aoutah et il est de nationalité espagnole. Né en 1939 dans le préside occupé de Sebta, cet enseignant à la retraite, qui a exercé à Tétouan, n’est autre que le père de l’épouse du journaliste d’Al Jazeera, Tyssir Allouni, condamné en Espagne pour des liens présumés avec l’organisation terroriste d’Al Qaïda.
Il est aussi l’oncle paternel d’un membre très connu du terrorisme islamiste actif dans la région de l’Afrique du Nord et l’Europe. Il s’agit de Karim Aoutah connu sous le nom de guerre de Salem Lemaghribi. Faisant l’objet d’un mandat d’arrêt international depuis les attentats du 16 mai à Casablanca, il est l’un des cofondateurs du Groupe islamique des combattants marocains (GICM). Une organisation terroriste qu’il a fondé en compagnie notamment du fameux terroriste Mohamed El Guerbouzi dont il est le beau-frère puisqu’il a épousé sa sœur au début de leur relation. Condamné à 20 ans de prison par les tribunaux marocains, El Guerbouzi se réfugie actuellement à Londres en attendant que les autorités britanniques répondent à la demande d’extradition émanant du ministère marocain de la Justice. Que l’on ait fait en sorte que le président de l’exécutif espagnol salue un individu aussi liée à la toile d’Al Qaïda, signifie qu’il existe une volonté de nuire à l’image du chef du gouvernement socialiste en le mêlant à des fréquentations douteuses.
«En tout cas, il y a eu une défaillance du système sensé protéger le président du gouvernement espagnol de telles erreurs notamment du côté des services de sécurité», déclare un observateur privilégié de la scène politique dans les présides marocains. Car, l’individu en question est connu des services de sécurité marocains. Cela signifie manifestement que l’on a omis, du côté espagnol, de solliciter la collaboration des services marocains. Il y a lieu donc de se demander comment les enjeux politiciens espagnols limitent la coopération en matière de sécurité et, finalement, portent atteinte aux intérêts de l’Espagne.

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