«Si on vous fait une salutation…»

«Si on vous fait une salutation…»

Le discours prononcé par le président américain Barack Ombama au Caire et par lequel il a voulu jeter les bases d’une nouvelle approche dans les relations de son pays avec le monde arabo-musulman, a été salué par la majorité des Etats concernés.
Le message d’Obama a été salué parce qu’il est porteur d’une nouvelle vision des relations entre les Etats-Unis et les Musulmans, mais aussi parce que le ton utilisé par le président américain correspond parfaitement à la politique de «la main tendue» qu’il a promise, et ne laissait entrevoir aucune forme d’arrogance comme celle qui prévalait dans les discours de son prédécesseur.
Outre son ton qui rompt avec la politique de confrontation de Bush, le discours a été construit autour d’arguments tirés des textes sacrés de l’Islam, mais aussi de la Bible et du Talmud pour appeler à l’amélioration des relations entre les Etats-Unis et le monde musulman. Une invitation qui rappelle celle formulée dans le Coran à l’adresse des autres religions monothéistes et qui constitue l’une des meilleures preuves que l’Islam n’appelle guère à la confrontation entre les religions : «Dis : Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous: que nous n’adorions qu’Allah, sans rien Lui associer, et que nous ne prenions point les uns les autres pour seigneurs en dehors d’Allah. Puis, s’ils tournent le dos, dites : Soyez témoins que nous, nous sommes soumis.», Sourate Al-Imrane-65.
Cet appel, pourtant religieusement argumenté, n’a pas été bien accueilli par les mouvances islamistes contrairement aux règles de bonne conduite que prône l’Islam. Le Hamas a déclaré par la voix de son représentant à Gaza, Aïmane Taha, que le discours de M. Obama «ne le démarque pas de la politique de son prédécesseur, George Bush». Le Hezbollah a réagi via le député, Hassan Fadlallah qui a indiqué que «le monde musulman n’a pas besoin de leçon de morale ou de sermon politique». Quant aux Frères musulmans, leur numéro deux, Mohamed Habib, a réduit le discours d’Obama à «une opération de relations publiques».
Des réactions qui ne sont pas conformes aux préceptes de l’Islam alors qu’elles émanent de gens prétendant agir au nom de cette religion. Car, même s’il est légitime d’exiger des actes et non pas seulement des promesses, ils auraient dû au moins avoir la courtoisie d’accepter «la main tendue» d’Obama. Dieu a dit: «Si on vous fait une salutation, saluez d’une façon meilleure; ou bien rendez-la (simplement). Certes, Allah tient compte de tout», Sourate Al-Nissae-87. Le président Obama ayant entamé son discours par un salut en arabe, il aurait fallu, au moins, lui rendre son salut.

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