Soyez généreux pour l’Afrique !

S’adressant à la presse avant une conférence des pays donateurs à Genève, le coordinateur des opérations d’urgence de l’ONU, Jan Egeland, a salué la mobilisation « sans précédent » qui a suivi le séisme et les raz-de-marée du 26 décembre en Asie et suscité pour plus de 8 milliards de dollars de promesses de dons à travers le monde. Mais il a estimé que le même type de solidarité devait désormais s’exercer dans toutes les régions du monde touchées par une catastrophe humanitaire.
Au regard des sommes promises après le tsunami asiatique, il a assuré qu' »il devrait être possible de nourrir les 20 à 30 millions de personnes qui ont désespérément besoin d’aide » dans le monde. « Cela n’a jamais été aussi facile de le faire et, sur cette base, j’espère que 2005 sera la première année où l’appel de fonds de l’ONU sera souscrit en totalité », a ajouté M. Egeland. Il a souligné qu’en 2004 les Nations unies « n’ont reçu qu’un tiers des sommes qu’elles avaient demandées pour sauver des vies ». « La vie humaine a la même valeur partout dans le monde et nous devrions faire preuve de la même générosité quelle que soit la région concernée », a dit M. Egeland. « Cela a été facile de couvrir l’appel de fonds pour le Kosovo, l’Irak et le tsunami. Cela a été un cauchemar pour couvrir ceux concernant l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale », a-t-il expliqué. Selon le responsable de l’ONU, « l’équivalent d’un tsunami frappe tous les cinq mois », en termes de victimes, un pays comme la République démocratique du Congo, « et cela pourrait être évité ». Les Nations unies ont lancé fin novembre un appel de fonds mondial de 1,7 milliard de dollars pour répondre en 2005 à 14 crises humanitaires, dont la plupart sont qualifiées par l’organisation d' »urgences oubliées » et qui affectent 26 millions de personnes. Douze de ces crises frappent l’Afrique. Craignant que l’attention portée aux victimes du tsunami ne fasse oublier des drames plus anciens ou moins médiatisés, l’ONU a réuni mardi matin à Genève les pays donateurs pour les rappeler à leurs responsabilités.
M. Egeland présidait ensuite une conférence spécifiquement consacrée à la tragédie asiatique afin d’obtenir une concrétisation des promesses financières qui ont afflué, en espérant que ces dons ne se feraient pas au détriment des Africains, des Palestiniens ou des Tchétchènes dans le besoin.
Juste après le tsunami, M. Egeland avait suscité une controverse en qualifiant de « pingres » –sans les nommer– certains pays riches qui ne consacrent que 0,1% ou 0,2% de leur PNB à l’aide au développement, au lieu des 0,7% auxquels ils s’étaient engagés dans la Déclaration du Millénaire en 2000. Il avait ensuite précisé que ses propos n’avaient rien à voir avec la réponse à l’actuelle catastrophe en Asie, mais le président américain George W. Bush avait néanmoins vivement critiqué sa prise de position.

• Peter Capella (AFP)

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