Téhéran maintient le cap du nucléaire

«Si nous devons accepter de nouveaux engagements, les dimensions et les engagements de l’autre partie doivent être clarifiés», a déclaré dimanche le chef de la diplomatie iranienne Kamal Kharazi, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue britannique, Jack Straw. Ce dernier, qui effectue sa quatrième visite en Iran en moins de deux ans, a demandé à l’Iran de signer «immédiatement et sans condition le protocole additionnel» au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), permettant aux inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de mener des inspections inopinées des sites nucléaires iraniens. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hamid Reza Assefi, a réitéré lundi la position iranienne. «Nous sommes prêts à prendre en compte les inquiétudes des Européens» en ce qui concerne le programme nucléaire de l’Iran mais «cela ne peut être unilatéral».
L’Iran ne cesse d’affirmer qu’il n’a rien à cacher et qu’il ne cherche pas à se doter de l’arme atomique, et se plaint que les autres pays signataires du TNP ne remplissent pas leurs obligations à son égard, en bloquant les transferts de techniques nucléaires civiles vers Téhéran. Jack Straw a affirmé qu’il revenait à l’Iran de faire le premier pas. Si l’Iran signe le protocole additionnel, «je prévois que, dans un futur pas si lointain, la confiance de la communauté internationale sera telle que ces sanctions seront levées», a indiqué le responsable britannique. «Lorsque l’Iran fait un pas positif, il est de notre droit d’attendre un pas positif de la part de la partie d’en face», a répondu Kamal Kharazi. Les Etats-Unis accusent l’Iran de vouloir utiliser son programme nucléaire civil pour fabriquer l’arme atomique. Les pays européens affirment de plus en plus ouvertement qu’ils attendent une évolution de la position iranienne à propos du dossier nucléaire, mais aussi en ce qui concerne les droits de l’Homme, la coopération dans la lutte contre le terrorisme et Al-Qaïda et au niveau du processus de paix au Proche-Orient comme conditions d’une plus grande coopération avec ce pays.
Plusieurs responsables iraniens ont critiqué lundi la position britannique. «La Grande-Bretagne manie la carotte et le bâton», a affirmé la député réformatrice Jamileh Kadivar, citée par la presse iranienne. Le député conservateur Allaeddine Boroujerdi a demandé pour sa part que les autorités iraniennes répondent avec plus de fermeté à la politique de la Grande-Bretagne après les récentes déclarations du Premier ministre Tony Blair, qui avait affirmé «soutenir» les manifestations hostiles au régime. Jack Straw et Kamal Kharazi ont affiché leurs divergences à propos des droits de l’Homme. Le chef de la diplomatie iranienne a critiqué le soutien de Tony Blair aux «perturbateurs» et a fait part de la «grande insatisfaction» de son pays concernant les ingérences britanniques dans les affaires intérieures de l’Iran. «La position du Royaume-Uni est de soutenir le droit à des rassemblements libres et pacifiques», a répondu Jack Straw qui devait rencontrer lundi le président Mohammad Khatami et le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale Hassan Rohani. Il devait demander à l’Iran d’éviter les ingérences dans les affaires intérieures irakiennes.

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