Téhéran proteste pour une caricature

L’Iran a menacé dimanche les pays de la région qui lui manqueraient de respect et a protesté auprès des autorités de Bahreïn contre une caricature du guide suprême de la république islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, publiée dans un journal de ce petit royaume du Golfe.
"Dès que cette caricature a été publiée dans le journal, nous leur avons adressé un avertissement, nous avons convoqué l’ambassadeur de Bahreïn à Téhéran, et nous avons rencontré à Manama un des directeurs du ministère des Affaires étrangères bahreïni et leur ministre de l’Information", a déclaré Hamid Reza Asséfi, porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien.
M. Asséfi a assorti ses propos d’une mise en garde aux "pays de la région", affirmant: ils "doivent savoir que ce sont eux qui seront perdants" s’ils manquent de respect envers le clergé chiite au pouvoir en Iran.
"Nos capacités sont sans commune mesure par rapport aux leurs (…) et ils doivent se montrer plus prudents", a-t-il ajouté.
La caricature incriminée a été publiée lundi par le quotidien bahreïni Al-Ayyam, à la suite de la victoire surprise de l’ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad au second tour de la présidentielle iranienne, le 24 juin. On y voit la barbe de l’ayatollah Khamenei, numéro un du régime iranien, sortir du cadre du dessin et zigzaguer dans un graphique relatif aux résultats de l’élection, suggérant que M. Khamenei aurait joué un rôle décisif dans la victoire de M. Ahmadinejad.
Mardi, 400 chiites avaient manifesté à Manama pour protester contre ce dessin. Les chiites représentent plus de 60% de la population du Bahreïn gouverné par une famille royale sunnite, les Khalifa.
Bahreïn et l’Iran ont longtemps eu des relations tendues. Comme les autres pétromonarchies arabes du Golfe, Bahreïn avait soutenu financièrement Bagdad contre Téhéran lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988), et Manama a toujours tenu la république islamique pour responsable de l’agitation chiite sur son sol entre 1994 et 1999.
Les deux pays ont entamé un processus de normalisation en 1999 mais des points de friction demeurent, notamment du fait que Bahreïn est la base de la cinquième flotte américaine, alors que les relations entre Téhéran et Washington sont plus tendues que jamais.

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